Dissident chinois et prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo est mort sans avoir pu être soigné à l’étranger

Après plus de huit ans de détention, ce symbole de la lutte pour la démocratie est mort d’un cancer à 61 ans, sans que les autorités chinoises ne l’aient autorisé à se faire soigner dans de bonnes conditions à l’étranger.

SAI WAN, HONG KONG - 2017/07/14: The death of Chinese Nobel Peace Prize winner Liu Xiaobo outside the Chinese Liaison Office in Sai Wan, Hong Kong. Liu Xiaobo died of cancer in hospital one month after being transferred from prison. (Photo by Chan Long Hei/Pacific Press/LightRocket via Getty Images)

(© Chan Long Hei/Pacific Press/LightRocket via Getty Images)

Le dissident chinois Liu Xiaobo est décédé des suites d’un cancer du foie dans un hôpital universitaire de Shenyang, dans le nord-est de la Chine, sous bonne garde policière… Son décès a été annoncé le 13 juillet par les autorités de la province du Liaoning.

Liu Xiaobo avait quitté la prison pour l’hôpital en mai dernier, alors que son état de santé s’était lourdement aggravé. À l’annonce de son hospitalisation, plusieurs pays, dont la France, avaient proposé de l’accueillir lui et sa compagne, l’artiste Liu Xia, afin qu’il puisse se faire soigner décemment. Mais Pékin avait essuyé d’un revers de la main toutes ces invitations. Depuis le mois de juin, Liu Xiaobo était donc placé en liberté conditionnelle.

Le 11 juillet dernier, soit deux jours avant sa mort, une vidéo de son hospitalisation très surveillée avait fuité sur Internet. On y voit un médecin allemand, un médecin américain, Liu Xia, et de très nombreux médecins chinois entourer le lit du malade, qui était alors en phase terminale.

L’un des plus célèbres dissidents chinois

Figure de proue de la révolte étudiante de Tiananmen en 1989, Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à onze ans de prison pour "incitation à la subversion de l’État", après avoir rédigé, avec d’autres intellectuels chinois, un manifeste intitulé Charte 08, lequel appelait à l’instauration d’une véritable démocratie en Chine.

En 2010, Liu Xiaobo apprenait dans sa cellule qu’il était lauréat du prix Nobel de la paix. En le récompensant, le comité du Nobel voulait saluer "un long combat non violent pour les droits humains fondamentaux en Chine". Mais les autorités chinoises avaient refusé qu’il vienne chercher son prix à Oslo. Lors de la cérémonie, le dissident avait été représenté par un fauteuil vide.

Depuis la mort de Liu Xiaobo, les critiques concernant le traitement de ce dernier, et plus globalement celui des opposants politiques du régime, fusent envers Pékin. Interrogé sur le sujet, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a continué d’affirmer que la condamnation de Liu Xiaobo n’avait "rien à voir avec la liberté d’expression". Avant de répondre avec fermeté aux critiques de la communauté internationale : "La Chine est un État de droit. Le traitement du dossier Liu Xiaobo relève des affaires intérieures chinoises."