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Lutte contre Ebola : 5 millions d’euros ont été détournés, annonce la Croix-Rouge

La Croix-Rouge a révélé que plus de 5 millions d’euros destinés à la lutte contre l’épidémie d’Ebola ont été détournés entre 2014 et 2016, via un système de fraude et avec la complicité d’employés de l’ONG.

Au Sierra Leone, l’épicentre de l’épidémie de 2013-2016. (© Cyprien Fabre/Flickr/CC)

La lutte contre le virus Ebola – qui a ôté la vie à plus de 11 000 personnes lors de l’épidémie de 2013-2016 –, a fait l’objet de plusieurs récoltes de fonds, notamment de la part de la Croix-Rouge.

Le 20 octobre, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a publié un communiqué de presse, qui est passé quelque peu inaperçu, pour annoncer que d’importantes sommes d’argent avaient été détournées, avec la complicité d’employés de la Croix-Rouge.

Entre 2014 et 2016, environ 5 millions d’euros ont été détournés en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia). Des gonflements de factures en tous genres, système de fraude classique, sont principalement mis en cause. L’association humanitaire s’est dite "outragée" par cette découverte et a assuré qu’elle ferait son possible pour retrouver les coupables et les poursuivre.

L’illustration d’un système gangrené

La Croix-Rouge a également indiqué avoir mis en place un système de "triple défense", dans le but de prévenir ce genre de fraudes et malversations dans le futur. Elle assure par exemple avoir établi tout un arsenal de mesures, comme le plafonnement des dépenses dans les zones dites "à haut risque".

Interrogé par RFI, le fondateur de l’Observatoire de l’action humanitaire, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, assure qu’il ne s’agit pas d’une surprise, mais plutôt d’un symptôme du dysfonctionnement des structures d’aide humanitaire classique opérant dans des zones difficiles :

"À partir du moment où vous intervenez dans des pays corrompus, où le détournement constitue un système en tant que tel, il n’y a aucune raison que les humanitaires soient épargnés. […]

Il y a, notamment, évidemment, la surfacturation des contrats, le détournement direct de l’aide alimentaire, la revente au marché noir. Mais il y a aussi, par exemple, le fait de créer des ONG factices, qui servent d’intermédiaires pour capter une partie de la rente humanitaire. Ça, c’est aussi un point qu’on retrouve dans beaucoup d’autres pays d’Afrique. Donc, rien d’étonnant. C’est un problème structurel."

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