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En dénonçant les "fainéants", Macron a fourni à ses opposants le cri de ralliement idéal

Bien joué.

Ce qui est d’abord passé pour une insulte de la part du président s’est finalement mué en un cri de ralliement fédérateur, repris à l’unisson par les participants à cette journée de mouvement social contre la "loi travail XXL". Alors que sur Twitter, des dizaines de hashtags cohabitent pacifiquement (#greve12septembre, #manifestation, #manif12sept, etc.), il y en a un qui fédère plus que les autres : le hashtag #faineants.

Vendredi 8 septembre, Emmanuel Macron était à Athènes pour défendre sa vision de l’Europe et, au passage, la réforme par ordonnances du Code du travail initiée par son gouvernement. L’occasion pour le président de la République de s’en prendre "aux fainéants", aux "cyniques [et] aux extrêmes". La presse s’est donc interrogée en cœur : mais qui sont ces fainéants, si rudement accusés par Jupiter de bloquer la bonne marche du pays ? Scandale.

Alors que l’équipe gouvernementale se perd en explications plus ou moins convaincantes (les fainéants seraient en fait les membres de la vieille garde de la politique française, peu à même de cerner les enjeux de demain, bon…) et qu’Emmanuel Macron abonde dans ce sens, l’opposition assure avoir saisi le message. Les fainéants, ce seraient eux.

Mépris social ?

Il n’en fallait pas plus à La France insoumise, la CGT, et d’autres mouvements et syndicats de gauche pour brandir ce mot comme un étendard fédérateur, dont se sont emparé les manifestants et internautes en cette journée de protestations. Morceaux choisis sur Twitter : "Beaucoup de #faineants cyniques & extrémistes à Lille contre la Loi travail" ; "Dans la rue à Marseille avec les #faineants pour la mobilisation contre la Loi travail" ; "À Niort aussi, les #faineants sont dans la rue".

Et forcément, cet élan national derrière le mot "fainéant" s’est retrouvé dans les cortèges, constellés de pancartes référencées :

Dans son édition du mercredi 13 septembre, Le Canard Enchaîné s’est engouffré dans la brèche : "Macron saisi par la phobie des grandeurs !" peut-on lire en une du Palmipède. Nul doute que cette affaire laissera des marques. Elle pourrait même s’imposer comme un marqueur fort du quinquennat Macron.

C’est tout du moins ce que défend l’hebdomadaire Marianne, qui voit là l’acte II de la polémique des "sans-dents", dans laquelle s’était enfoncé François Hollande en son temps. Fainéants, sans-dents… deux invectives dans lesquelles semble percer une seule et même chose : le mépris social.