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Emmanuel Macron dévoile (enfin) son programme

Critiqué pour son absence de programme et sa position "un pied dans chaque camp" Emmanuel Macron en a enfin dit plus, jeudi 2 mars, sur son projet dont le slogan est "Retrouver notre esprit de conquête pour bâtir une France nouvelle"

Le candidat d'En marche ! était à cent mètres de l'Elysée, au pavillon Gabriel, jeudi 2 mars, où il a développé son programme présidentiel, évoquant six grands "chantiers", qu'il considère comme "la structure du contrat avec les Français sur lesquels il s'engage". Quatre-vingt-seize engagements établis selon lui après "plus de 100 000 conversations avec les Français,  5 000 questionnaires remplis, 3 000 ateliers de réflexion et l'aide d'une centaine d'experts" avec la volonté qu'à la fin d'un quinquennat Macron, chaque citoyen puisse en "mesurer concrètement" les effets sur sa vie personnelle.

Voici, sur la base de sa conférence de presse et de son programme papier, les grands traits de ce qu'il a proposé.

L'éducation et la culture

Emmanuel Macron a d'abord insisté sur sa volonté de rétablir l'égalité des chances, en rejetant une politique égalitariste au profit d'une différenciation dans les moyens investis selon les zones d'éducation, afin d'améliorer la transmission des savoir et des valeurs. Il a parlé d'un "projet de transmission et d'émancipation". Il souhaite en effet appliquer la discrimination positive en privilégiant les élèves des zones prioritaires. Pour cela, il propose :

  • Limiter à 12 élèves par enseignant la taille des classes de CP et CE1 dans les zones dites prioritaires, avec une prime annuelle de 3 000 euros nets pour les enseignants des ZEP. Il a également évoqué le fait qu'il reviendrait sur de récentes réformes de l'actuel ministère de l'Éducation nationale, sans toutefois préciser lesquelles.
  • La création d'un "Pass Culture" de 500 euros pour chaque Français l'année de ses 18 ans, afin de favoriser l'accès à la culture.
  • La création d'un service sanitaire pour les étudiants en santé.
  • Interdiction du téléphone portable pas seulement en classe, mais dans toute l’enceinte des écoles et des collèges.
  • Ouverture des bibliothèques le soir et le dimanche.

La société du travail

Emmanuel Macron a déclaré qu'il considère que "l'émancipation se construit par le travail". Ainsi, il veut :

  • Rendre l'assurance-chômage "universelle".
  • Mettre en place un "plan inédit de formation et de qualification". Il a parlé d'un projet de "sécurité professionnelle nouvelle".
  • Alléger les charges, notamment celles concernant la cotisation pour les heures supplémentaires.
  • Supprimer les allocations chômage après le refus de deux offres d’emploi "décentes" .
  • Réformer en profondeur la taxe d'habitation qu'il considère injuste sur le plan social et territorial pour les classes moyennes, en exonérant 80 % des citoyens.
  • Une prime à l'embauche des habitants de quartiers sensibles : pour l’embauche d’un habitant d’un des 200 quartiers prioritaires de la politique de la ville, une prime de 15 000 euros sera versée.

La modernisation de l’économie de la société

  • Simplifier et rendre le système des retraites plus transparent. Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur l'âge minimum des retraites, ni l'indemnisation des retraités mais laisser la liberté de choisir son âge de départ à la retraite. Il souhaite préserver les paramètres actuels, comme le système par répartition, mais aller vers un modèle qu'il simplifie ainsi : à long terme, converger vers un système unique en mettant fin aux régimes spéciaux afin d'aligner les retraites du public sur le privé. C'est-à-dire que pour tout euro cotisé, les droits à la retraite seront les mêmes, quel que soit le salarié. Il a précisé que cette mesure ne concernerait pas les futurs retraités des cinq prochaines années.
  • Politique volontariste en matière de handicap. Le candidat d'En marche ! veut appliquer les lois votées en termes d'accessibilité et de mobilité, en y consacrant également une partie de l'investissement public. Il a développé en expliquant vouloir "pallier l'insuffisance en matière d'auxiliaire de vie scolaire".
  • En fin de discours, il a aussi insisté sur l'égalité hommes-femmes. Un combat qu'il a qualifié de "cause nationale", de "sujet fondamental de la vitalité de notre société et de notre démocratie".
  • L'agriculture a été évoquée de manière extrêmement rapide dans la conférence de presse. Cependant, dans son programme, Emmanuel Macron écrit explique qu'il entend libérer les agriculteurs de la dépendance aux aides publiques. Il propose de lancer un programme d’investissement d’avenir agricole pour la période 2017-2022, dont le financement sera réservé à des projets de modernisation des exploitations ayant un impact positif sur l'environnement ou le bien-être animal et aux projets privilégiant le circuit court ou les projets coopératifs. Il pointe également du doigt la volatilité des prix agricoles, qu'il considère comme étant le fruit de la politique agricole commune (PAC), qui donne systématiquement le même montant d'aide, tandis qu'Emmanuel Macron voudrait pouvoir augmenter ce budget en temps de crise, et le diminuer quand la situation est meilleure.

La sécurité

Emmanuel Macron a notamment indiqué vouloir poursuivre la bataille contre le terrorisme à l'international en établissant "une feuille de route diplomatique pour construire la paix". Il souhaite le maintien des coalitions internationales et de manière plus concrète, il a déclaré vouloir :

  • Une augmentation du budget de la défense à hauteur de 2 % du PIB
  • Une amélioration du renseignement sur le plan territorial et une meilleure coordination des forces de renseignement.
  • Recréer une police de sécurité quotidienne avec l'embauche de 10 000 policiers et gendarmes.
  • Une sanction immédiate de certaines infractions mineures et l'application d'une politique de "tolérance zéro".
  • Un respect sans condition de la laïcité, établie par la loi de 1905.

Le renouveau démocratique

Emmanuel Macron a également parlé de moralisation de la vie publique, attaquant à demi-mots durant toute son intervention son concurrent du parti Les Républicains François Fillon. Pour cela, il propose :

  • Poursuivre les élus dès leur mise en cause dans une affaire, en soulignant tout de même qu'il ne croit pas au "tous pourris".
  • La réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, non pas pour des questions budgétaires, mais d'efficacité.
  • L'éradication des conflits d'intérêt en interdisant toute fonction de conseil pour les parlementaires (hop, une petite pique pour François Fillon).
  • L'interdiction de l'embauche de proches ou de membres de sa famille.
  • Ne pas investir un candidat ayant un casier judiciaire de type B2 ou ayant déjà été condamné à une peine d'inéligibilité.
  • Investir uniquement des candidats totalement nouveaux pour les législatives afin d'aboutir à un vrai renouvellement de la vie politique.
  • Rendre chaque année des comptes sur le bilan des ministres, qui seront limogés en cas de non avancée visible. Ceux-ci seront également auditionnés par des commissions parlementaires.
  • Interrogé sur son absence de position sur la proportionnelle après son alliance avec François Bayrou, il a répondu : "Je ne suis pas favorable à la proportionnelle intégrale, mais à une dose de proportionnelle."

L'Europe et l'international

  • Trois objectifs principaux : la sécurité des concitoyens, qu'il qualifie de "boussole qui doit nous guider", l'agenda climatique (il souhaite consacrer 15 milliards d'euros à la transition écologique) et les intérêts économiques afin de développer le commerce extérieur.
  • Emmanuel Macron a également évoqué l'Afrique, qu'il qualifie de "continent de tous les risques et toutes les opportunités ", avec qui il souhaite développer une politique économique et culturelle beaucoup plus forte qu'à l'heure actuelle.
  • Il veut une "véritable stratégie européenne en relançant l'agenda européen à 27". Le candidat d'En marche ! prétend aussi reconstruire l'Europe et a parlé "d'une génération perdue, qui n'a connu que l'absence de projet et le chômage de masse".
  • Réduire les procédures de demandes d'asile.
  • Enfin, autre dimension évoquée : le renforcement du couple franco-allemand. Il a parlé des deux pays comme de deux "partenaires". Il souhaite "restaurer la crédibilité française vis à vis de l'Allemagne pour les convaincre d'un vrai changement".