En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Guyane : Macron soutient le projet minier "Montagne d’or" au cœur de la forêt amazonienne

À l’occasion de son déplacement en Guyane, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur du projet minier pharaonique baptisé "Montagne d’or".

© WWF

C’est sans surprise que le président se range du côté des pro-Montagne d’or (et même si Nicolas Hulot lui avait soufflé le contraire). Ce projet de mine d’or gigantesque sur le territoire guyanais, en pleine forêt amazonienne, inquiète vivement les Amérindiens de Guyane et les ONG de protection de l’environnement.

Et pour cause : si cette mine devait voir le jour, elle s’étendrait sur 190 kilomètres carrés, soit la surface de 32 stades de France. Un trou si immense qu’il pourrait engloutir la tour Eiffel et qui devra être creusé à l’aide de 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 142 millions de litres de pétrole sur douze ans. Le tout, pile entre deux réserves biologiques exceptionnelles.

Un projet "bon pour la Guyane"

Fidèle à l’avis favorable qu’il avait émis à ce sujet lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron, actuellement en déplacement sur le territoire guyanais, a réitéré sa position :

"C’est un projet qui, je le pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane", a-t-il déclaré dans des propos rapportés par Le Monde.

En effet, le projet Montagne d’or, porté par un consortium russo-canadien, promet de créer 750 emplois directs et 3 000 indirects. Une aubaine pour la Guyane qui est confrontée à un taux de chômage deux fois plus élevé qu’en métropole. La mine devrait en outre permettre d’extraire 85 tonnes d’or sur douze ans.

Emmanuel Macron a néanmoins émis trois conditions : que le projet se conforme à la charte "mine responsable" afin de respecter les critères environnementaux, qu’il favorise avant tout l’emploi local et enfin qu’il soit soumis à un débat public qui aura lieu au premier semestre 2018.

"L’avenir, c’est la biodiversité", répondent les opposants

À l’image des ravages causés par l’orpaillage depuis ses débuts sur leur territoire, les chefs amérindiens de Guyane se sont déjà prononcés fermement contre lors d’une réunion publique au mois d’août dernier. Ils craignent la déforestation, la pollution, sans compter que le site aurifère se situe à proximité de plusieurs réserves naturelles.

Ils dénoncent un "monstre industriel" et les dangers présentés par l’usine de traitement du minerai, qui s’effectue à l’aide de produits dangereux et mortellement toxiques comme le cyanure. Le moindre incident pourrait ainsi durablement contaminer les écosystèmes alentour fragiles et déjà en péril :

"Ces grands projets sont des chimères, car nous avons un écosystème riche et fragile, donc on ne peut pas faire n’importe quoi. L’avenir, c’est la biodiversité, car elle est riche et se renouvelle", indique Nora Stephenson, l’une des porte-parole du collectif "Or de question" citée par Le Monde.

Les ONG lui donnent raison. Selon les calculs du WWF, miser sur des alternatives comme le tourisme permettrait de créer six fois plus d’emplois directs que le projet Montagne d’or avec quatre fois moins de subventions publiques.