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Législatives : Valls annonce être candidat sous l’étiquette En marche ! sans avoir été investi

L’ancien Premier ministre socialiste a annoncé qu’il sera candidat au renouvellement de son mandat de député de l’Essonne, sous l’étiquette du mouvement d’Emmanuel Macron et non sous celle du Parti socialiste. Sauf que du côté des porte-parole d’En marche !, personne n’est au courant. 

Ce mardi 9 mai au matin, Manuel Valls a annoncé sur RTL annoncé sa candidature aux élections législatives de juin prochain sous l’étiquette du mouvement porté par Emmanuel Macron. L’ancien Premier ministre avait soutenu le candidat d’En marche ! avant le premier tour de la présidentielle, malgré sa promesse de faire campagne pour Benoît Hamon, candidat officiel du Parti socialiste (PS). L’annonce faite aujourd’hui par Manuel Valls n’a rien de surprenant, puisque Emmanuel Macron avait lui-même dit pendant l’entre-deux-tours que l’ancien Premier ministre pourrait faire partie de son gouvernement s’il quittait le PS.

Pour expliquer sa démarche, Manuel Valls a déclaré au micro de RTL : "ce Parti socialiste est mort, il est derrière nous, pas son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser." Notons tout de même que Manuel Valls, âgé aujourd’hui de 54 ans, appartient au PS depuis ses 17 ans et son entrée au Mouvement des jeunes socialistes (MJS). "Je ne suis pas en embuscade, je veux la réussite d’Emmanuel Macron", a-t-il souligné avant d’affirmer : "Je serai candidat de la majorité présidentielle et souhaite m’inscrire dans ce mouvement qui est la République en marche." 

Manuel Valls ne semble néanmoins pas s’être inquiété du fait que quelqu’un d’autre avait déjà été investi dans la première circonscription de l’Essonne, qui abrite son fief d’Evry et où il souhaite se présenter. Jean-Paul Delevoye, président de la commission d’investiture d’En marche ! a expliqué sur BFMTV que cette proposition "allait être analysée""Nous avons déjà arrêté une candidate dans la circonscription de Manuel Valls, a-t-il précisé. Nous aurons à choisir si nous maintenons cette candidature."

"Nous découvrons de nouveaux amis chaque jour !"

Malgré l’annonce publique de Manuel Valls, les porte-parole d’En marche !, rebaptisé depuis hier la République en marche, n’avaient pas l’air au fait de la nouvelle. Benjamin Griveaux, porte-parole d’Emmanuel Macron "chargé de la riposte", a déclaré ce matin même sur Europe 1 qu’il n’était pas au courant de cette candidature. "Nous découvrons de nouveaux amis chaque jour !", a-t-il ironisé avant de souligner que pour être candidat aux législatives sous l’étiquette de La République en marche il fallait s’inscrire, ce que Manuel Valls n’a pas fait.

"Il n’a pas été investi par la commission nationale d’investiture, ou bien alors sa candidature m’a échappé", a souligné le porte-parole d’Emmanuel Macron, visiblement peu content d’être pris au dépourvu. "Il aurait pu déposer sa candidature comme chacun, la règle est la même pour tous, […] ancien Premier ministre compris", a rappelé celui qui a rallié Emmanuel Macron dès fin 2015, soit bien avant Manuel Valls, qui s’y est résigné après sa défaite à la primaire de la gauche.

Christophe Castaner, principal porte-parole d’Emmanuel Macron, a lui aussi réagi à cette annonce ce matin sur France info. "Il ne faut pas faire de différence par rapport au passé de tel ou tel, a-t-il affirmé, expliquant que lui-même avait soumis sa candidature à la commission nationale. Il a lui aussi parlé d’un "protocole identique pour tous", avant d’assener : "La république des privilèges est terminée."

Du côté socialiste, l’annonce passe mal. Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine et porte-parole de Benoît Hamon pendant la campagne présidentielle, a insinué que l’ancien Premier ministre commettait une nouvelle trahison :

Même le maire d’Alfortville Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, prend ses distances avec l’ancien Premier ministre, affirmant dans un tweet :

Pour rappel, Manuel Valls avait affirmé le 29 mars dernier qu’il n’excluait pas de travailler avec François Fillon si ce dernier était élu. Comme quoi, certains sont prêts à tout pour remonter sur le trône ministériel.