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Marine Le Pen dénonce une "fatwa bancaire incroyable" à l’égard du FN

La présidente du Front national a organisé une conférence de presse mercredi 22 novembre pour commenter la demande de la Société générale de fermer les comptes du parti et celle de HSBC, qui aurait l’intention de clore son compte personnel. Elle a évoqué à plusieurs reprises une "persécution bancaire" à son égard et annoncé qu’elle portait plainte.

Marine Le Pen en meeting à Châteauroux le 11 mars 2017. (© Chesnot/Getty Images)

Mardi 21 novembre, Mediapart et France Inter révélaient que la Société Générale avait demandé au Front national (FN) de fermer tous les comptes ouverts par le parti dans ses établissements bancaires. Le compagnon de Marine Le Pen, vice-président du parti, Louis Aliot, avait immédiatement répliqué sur Twitter, invitant les électeurs du FN à boycotter, "par souci de réciprocité", la Société générale, qualifiée d'"ennemi" :

"Ce qui serait cocasse, c’est que parmi les 11 millions d’électeurs, une partie d’entre eux ne veuille plus héberger la Société générale comme banque par souci de réciprocité."

Une conférence de presse intitulée "La démocratie française menacée par les oligarchies financières" était également annoncée pour ce mercredi 22 novembre. Dans la matinée, en guise de teasing, la présidente du FN a publié un message sur Twitter affirmant qu’une autre banque, HSBC, lui avait également signifié qu’elle devait clore le compte personnel dont elle disposait depuis vingt-cinq ans et qu’elle s’apprêtait à diffuser un enregistrement :

"La persécution bancaire devient personnelle : M. Vandeville, patron de la HSBC, me chasse de la banque dont je suis cliente depuis vingt-cinq ans. Je diffuserai l’enregistrement de la conversation lors de ma conférence de presse à 11 h 30."

La Société générale botte en touche en invoquant le secret bancaire depuis deux jours tandis que HSBC a de son côté refusé de répondre, expliquant :

"Nous ne débattons publiquement pas de nos relations avec nos clients. […] Les relations que nous entretenons avec eux sont régies par un ensemble d’obligations réglementaires auxquelles nous nous conformons."

"J’en appelle aux autres partis politiques"

Marine Le Pen a donc effectué une prise de parole longue d’une demi-heure au siège du FN. Elle a dénoncé des "persécutions" et une "vindicte militante" à l’égard de son parti, qui doivent "inquiéter pour la démocratie française", expliquant que "face à cette situation […], le FN a dès lors, cherché d’autres banques" mais qu'"aucune banque n’a accepté."

L’ancienne avocate a également accusé les banques de "[chercher] en réalité à susciter les conditions de sa ruine, et donc, à terme, de sa disparition", avant de rappeler l’existence de l’article 4 de la Constitution qui stipule que :

"Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l’article 1er dans les conditions déterminées par la loi. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation."

Dès lors, elle a lancé un appel aux "11 millions d’électeurs du Front national dont on cherche à étouffer la voix" mais également "à tous les Français" et "aux autres partis politiques […] qui demain seront peut-être aussi victimes de cette fatwa bancaire".

"Nous sommes en présence d’une tentative d’étouffement d’un parti d’opposition"

Marine Le Pen n’a néanmoins pas tenu sa promesse de diffuser l’enregistrement de son appel téléphonique avec le dirigeant de HSBC, expliquant qu’elle le ferait parvenir par écrit dans la journée, avant de renchérir sur de nouvelles accusations contre les banques qui "jettent l’opprobre sur le FN" : "Nous sommes en présence d’une tentative d’étouffement d’un parti d’opposition."

Après avoir annoncé qu’elle porterait plainte pour "discrimination politique" et répété qu’elle était victime d’un "acharnement", la présidente du FN a conclu sa prise de parole avec les interrogations suivantes :

"La vraie question, c’est : est-ce que les opposants vont être réduits à un exil bancaire ? […] Qu’arrivera-t-il demain si une banque peut décider du bannissement bancaire d’un parti politique ?"

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