Marlène Schiappa annonce la création d’un groupe de travail pour pénaliser le harcèlement de rue

Invitée ce dimanche 17 septembre dans l’émission Dimanche en politique sur France 3, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a réaffirmé sa volonté de pénaliser le harcèlement de rue.

"Hé mademoiselle, t’es trop bonne", "Allez, viens, il y a des toilettes pas loin…", "Tu baises ?"… Ces charmantes invectives pourraient très prochainement être passibles d’une amende. La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a en effet annoncé la création d’un groupe de travail pour faire entrer le harcèlement de rue dans le droit pénal.

Sous l’égide des ministères de l’Intérieur et de la Justice, un groupe de travail sera créé ce mardi 19 septembre pour réfléchir à cette question. "Formé de plusieurs députés transpartisans", il devra dans un premier temps "auditionner des expertes et des experts" avant de remettre ses recommandations au gouvernement. L’objectif est clair : "Proposer une loi visant à créer une infraction, faire en sorte que le harcèlement de rue ne soit plus toléré dans nos sociétés", a expliqué Marlène Schiappa.

"Non seulement c’est réalisable, mais on va le faire"

Dans les faits, un policier ou un gendarme pourrait ainsi être en mesure de verbaliser directement dans la rue ce genre de comportements. Déjà évoquée il y a une semaine par la secrétaire d’État, la mise en place d’un tel dispositif avait soulevé des interrogations de la part de certaines associations spécialistes du sujet.

Anaïs Bourdet, créatrice de Paye ta Shnek, a déjà eu l’occasion de faire part de ses inquiétudes à Marlène Schiappa. Son Tumblr, qui compile des témoignages de femmes apostrophées dans la rue, est devenu une véritable référence en la matière. Interrogée par Speech, Anaïs Bourdet s’inquiète des conséquences d’une telle mesure. Pour la blogueuse, verbaliser quelqu’un sur la base d’un flagrant délit est tout bonnement irréalisable : "Les harceleurs harcèlent rarement sous le nez des policiers." Une mesure qui pourrait même être dangereuse, puisqu’elle "pourrait augmenter le risque de contrôle au faciès".

Interrogée par France 3 sur la faisabilité de ce dispositif, la secrétaire d’État s’est montrée très ferme : "Non seulement c’est réalisable, mais on va le faire !"

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