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Mea culpa, Sankara et colonialisme : ce qu’il faut retenir du discours de Macron au Burkina Faso

Le président de la République Emmanuel Macron a commencé sa tournée des pays africains par le Burkina Faso mardi 28 novembre. Il a prononcé un discours en présence des étudiants de l’université de la capitale, Ouagadougou, durant lequel il est notamment revenu sur le passé colonialiste de la France.

Refus d’accepter l’héritage de la colonisation

Évoquant un "passé qui doit passer", Emmanuel Macron a concédé que "les crimes de la colonisation européenne sont incontestables" tout en estimant qu’il y avait eu aussi "des grandes choses et des histoires heureuses".

Le Président a également fait usage de son jeune âge pour clamer le renouveau des relations entre la France et le continent africain, assurant être "d’une génération qui ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire" :

"Je suis d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique coloniale. Je suis d’une génération dont un des plus beaux souvenirs politiques est la victoire de Nelson Mandela sur l’apartheid.

C’est ça l’histoire de notre génération."

Promesse de la déclassification des documents sur la mort de Sankara

(© Trioult via Wikipedia CC)

Emmanuel Macron a également évoqué Thomas Sankara. Ce héros révolutionnaire burkinabé est mort en octobre 1987 lors d’un coup d’État visant à lui ôter le pouvoir qu’il détenait depuis son accession à la Présidence du pays en 1983.

Celui qui combattait "l’impérialisme et le néo-colonialisme" a été tué par balles à l’âge de 37 ans et, comme le rappelle RTL, beaucoup soupçonnent la France d’avoir aidé son successeur Blaise Compaoré à l’assassiner - une thèse qui n’a pas non plus été prouvée - car elle n’appréciait pas ses discours et sa politique anticolonialiste.

Le Président français a donc promis que "tous les documents [classés secret-défense, ndlr] que la justice voudra consulter [lui] seront ouverts et transmis" :

"Tous les documents produits par l’administration française pendant le régime de Sankara et après son assassinat [seront] déclassifiés pour être consultés en réponse aux demandes de la justice burkinabé. […]

Ce qui veut dire que tous les documents que la justice voudra consulter [lui] seront ouverts et transmis."

Mea culpa sur le "défi civilisationnel"

En juillet dernier, Emmanuel Macron était à Hambourg pour le G20 et avait mis le feu aux poudres en parlant lors d’une conférence de presse de "défi civilisationnel" concernant l’Afrique en déclarant que le "défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel" avant d’ajouter :

"Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien."

Le chef d’État français est donc revenu sur l’utilisation de l’adjectif "civilisationnel" tout en maintenant l’idée qu’il persiste un défi démographique à relever en Afrique, estimant que "nous ne pouvons pas [l']éluder" :

"Quand vous avez une croissance démographique durablement supérieure à la croissance économique, vous n’arrivez jamais à lutter contre la pauvreté."

Les "trois ciments de l’amitié" qui inspirent Twitter

Emmanuel Macron a également défini ce qui constitue selon lui les "trois ciments de l’amitié", c’est-à-dire la langue, la culture et le sport. Une vision bien personnelle qui a fait réagir de nombreux internautes qui avaient beaucoup à dire :

Emmanuel Macron se rendra ensuite en Côte d'Ivoire et au Ghana.

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