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La mobilisation s’intensifie pour faire libérer un Français emprisonné en Tunisie après un baiser

Désormais connue sous le nom de "l’affaire du baiser", la condamnation d’un Franco-Algérien de 33 ans et de son amie pour attentat à la pudeur en Tunisie suscite de nombreuses réactions de part et d’autre de la Méditerranée.

(© Leila Haouala)

Les messages de soutien se multiplient depuis la semaine dernière. Arrivé en Tunisie vendredi 29 septembre pour rendre visite à des amis le temps d’un week-end, Nessim Ouadi, un jeune cadre franco-algérien de 33 ans, dort depuis en prison.

Dans un jugement rendu mercredi 4 octobre, il a en effet été condamné à 4 mois et demi de prison ferme pour "atteinte à la pudeur", "refus d’obtempérer", "outrage à un fonctionnaire public" et "atteinte aux bonnes mœurs". Son amie tunisienne, qui l’accompagnait, a-elle écopé de trois mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur", "refus d’obtempérer" et "état d’ébriété sur la voie publique", rapporte L’Obs.

"Mon fils et une amie sont dans la voiture, vers une heure du matin, lorsqu’ils sont interpellés dans le quartier de Gammarth de Tunis par la police. Ils étaient en train de s’embrasser", a raconté sa mère, interrogée par le journal La Provence.

Ce 9 octobre, elle était reçue par l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d'Arvor, en compagnie de son avocat, Ghazi Mrabet. Ce dernier espère bien faire appel : "Il y a plein de vices de procédure. Ils ont par exemple demandé à voir un avocat et à informer leurs proches, ce qui n’a pas été fait. Nessim n’a pas eu droit à un traducteur."

Une forte campagne de mobilisation

Le 29 septembre, alors que le couple rentre de boîte de nuit, il est arrêté par la police. Lorsqu’on lui demande son passeport, le jeune homme met du temps à obtempérer, ne parlant pas arabe, indique son avocat à Libération : "Son passeport était dans le coffre. Les policiers l’insultent et le font descendre de force. S’ensuivent une fouille du véhicule et une visite au commissariat."

Avant de quitter le poste de police, le garçon demande l’immatriculation des policiers afin de pouvoir en référer à son ambassade. Pour sa sœur Ouassila, initiatrice d’une pétition qui a déjà recueilli près de 20 000 signatures, c’est ce geste qui a conduit son frère en prison : "C’est cette demande qui a provoqué l’ire des forces de l’ordre, qui les ont immédiatement mis aux arrêts alors qu’ils allaient être relâchés."

Depuis, le jeune homme a reçu de nombreux soutiens en France, comme en Tunisie. Libération raconte qu’une "journée du bisou" a même été organisée le vendredi 6 octobre à Tunis, afin de protester contre la décision. Toutefois, cette dernière n’aurait pas obtenu le succès escompté "par peur de la répression". Les internautes ont également été nombreux à se mobiliser.

Parmi les réactions les plus partagées, on retiendra celle de ce député tunisien qui a posté cette photo de lui et de son épouse sur Facebook, avec pour commentaire : "À quel poste de police dois-je me rendre pour subir ma peine de prison ?"