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La Corée du Sud annonce sa sortie du nucléaire, au profit du renouvelable

Conformément à son programme de campagne, le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in, a annoncé ce lundi 19 juin la sortie progressive du pays de l’énergie atomique, afin de s’orienter vers le renouvelable.

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Moon Jae-in est le président de la Corée du Sud depuis le 10 mai. (Via Facebook)

"Nous allons entrer dans l’ère post-nucléaire", a déclaré Moon Jae-in, le président de la République de Corée (en fonction depuis le 10 mai), lors d’une cérémonie marquant le premier démantèlement d’un réacteur nucléaire, le 19 juin. Issu du centre-gauche, il avait fait campagne sur la sortie de l’atome et le développement du solaire et de l’éolien. "Je vais abandonner tous les projets de nouveaux réacteurs actuellement en cours et je ne prolongerai pas la vie des réacteurs actuels", a-t-il ajouté.

La Corée du Sud compte 25 réacteurs nucléaires, situés au sein de quatre centrales construites sur les côtes du pays et qui produisent 30 % de son offre énergétique. Beaucoup d’entre eux sont censés s’arrêter entre 2020 et 2030. La décision de prolonger leur existence devait donc être prise sous le mandat de Moon Jae-in. Il s’était engagé pendant sa campagne à éteindre la totalité des centrales en exploitation, sur une période d’une quarantaine d’années, en refusant de prolonger leur exploitation au-delà des cycles normaux. Il souhaite parallèlement mettre fin à la construction de nouveaux réacteurs et peut-être même ordonner l’arrêt des chantiers en cours.

Priorité au renouvelable

La catastrophe de Fukushima au Japon, provoquée en mars 2011 par un séisme et un tsunami, avait profondément marqué l’opinion coréenne. La méfiance pour le nucléaire s’est également renforcée à la suite d’une série de scandales de corruption impliquant les agences publiques du nucléaire. Des séismes ont aussi alimenté les inquiétudes sur la fiabilité des centrales existantes, alors que de nombreux réacteurs sont situés près de zones résidentielles densément peuplées : "La Corée du Sud n’est pas exempte du risque de tremblement de terre, et un accident nucléaire provoqué par un séisme peut avoir un impact dévastateur", a souligné le président.

Pour autant, pas question de revenir en arrière : Moon Jae-in a également promis de faire entrer son pays dans l’ère "post-charbon" et ordonné la suspension de l’exploitation de huit centrales thermiques vieilles de plus de 30 ans. Selon lui, le pays peut désormais s’appuyer sur les centrales au gaz et les énergies renouvelables pour constituer l’essentiel de sa sécurité énergétique, tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre. À l’horizon 2030, l’exécutif souhaiterait que 20 % de l’électricité du pays provienne de sources renouvelables, contre 5 % aujourd’hui détaillent Les Échos. Le gaz devrait peser à hauteur de 27 %, contre 18 % aujourd’hui. Parallèlement, la part du charbon devrait plonger de 40 % à 21,8 % en 15 ans.