Une pétition demande un "droit à l’oubli" pour les personnes séropositives sous traitement

Dans un manifeste publié ce vendredi 29 septembre, des personnes séropositives, des personnalités et des membres de la société civile dénoncent les discriminations qui perdurent à l’encontre des patients atteints du VIH.

L’acteur Nahuel Pérez Biscayart dans 120 Battements par minute, un film qui dresse le portrait de militants de l’association Act Up-Paris. (© Memento Films Distribution)

"Nous sommes tous Postif·ve·s" : c’est le titre du récent manifeste signé par une centaine de personnes, réclamant un "droit à l’oubli" pour les personnes séropositives sous traitement. Publié ce vendredi 29 septembre, ce texte demande que ces dernières ne soient plus traitées comme des citoyens de seconde zone.

"Un patient traité est un patient qui n’est plus contagieux", précise sur France Info Camille Genton, un chef d’entreprise à l’origine de cette initiative. "C’est important de le redire, on a la même espérance de vie que la moyenne des Français." Avec ce manifeste, le jeune homme de 32 ans entend notamment dénoncer la double peine que subissent en France les personnes séropositives, dont il fait partie.

"Ce qui m’a poussé à l’écrire, c’est une banquière qui, il y a sept ans, m’a dit : 'Vous n’êtes plus apte à contracter un crédit', et en l’occurrence à ouvrir mon premier restaurant, indique Camille Genton. J’ai ouvert mon premier restaurant quand j’ai appris que j’avais cette maladie. On va ouvrir le dixième bientôt."

Ce manifeste décrit plusieurs cas de discriminations que subissent les personnes séropositives au quotidien :

"Nous devons mentir aux assurances et aux banques dans l’espoir d’être traité·e·s de façon digne […], nous sommes refusé·e·s par de nombreux cabinets médicaux […], nous devons envisager un métier dont l’école n’est pas fermée aux personnes séropositives."

Le texte a été signé par de nombreux acteurs de la société civile, mais aussi par plusieurs personnalités, telles que les anciennes ministres de la santé Roselyne Bachelot et Marisol Touraine, ou encore Nahuel Pérez Biscayart, l’acteur principal de 120 battements par minute.

Précisons qu’en 2016, la séropositivité touchait environ 152 000 personnes en France selon Sida Info Service. Et que 7 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, selon L’Express.

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