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Plus de 370 000 signataires pour la pétition demandant le retrait du prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi

La situation politique en Birmanie est de plus en plus compliquée depuis plusieurs semaines : la répression de l’armée vis-à-vis des Rohingyas s’est intensifiée, entraînant l’exil de 125 000 personnes. L’absence de prise de position de la porte-parole du gouvernement Aung San Suu Kyi a provoqué la création d’une pétition demandant qu’on lui retire son prix Nobel de la paix.

(© Wikipédia CC/Claude Truong-Ngoc)

Après avoir été érigée en figure de proue de la lutte pacifiste pendant de nombreuses années, la légitimité de Aung San Suu Kyi est aujourd’hui remise en cause. Son silence face à la persécution des Rohingyas musulmans est incompris par la communauté internationale. En effet, depuis le 25 août, lorsque des postes de police ont été attaqués par des rebelles membres de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) se revendiquant Rohingyas, l’armée pratique une politique répressive sur cette minorité.

Les Rohingyas, comme Speech l’expliquait il y a peu, sont des personnes de confession musulmane, minoritaires en Birmanie, qui ne parlent pas la même langue que leurs compatriotes bouddhistes. Ils sont considérés comme une menace et sont persécutés, en particulier depuis le mois d’août dernier. Personne ne semble comprendre que Aung San Suu Kyi, symbole de la paix, n’ait pris parti à aucun moment dans ce conflit ethnique destructeur.

Aung San Suu Kyi dénonce un "iceberg de la désinformation"

Le silence de plusieurs semaines d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix de l’année 1991, symbole de la lutte non-violente dans son pays et membre du gouvernement birman, fut très critiqué alors que d’après RFI, en l’espace de onze jours, pas moins de 125 000 personnes ont été contraintes de fuir en direction du pays voisin, le Bangladesh.

Mercredi 6 septembre, lors d’un échange avec le chef d’État turque Recep Tayyip Erdogan, en sa qualité de conseillère spéciale de l’État et porte-parole de la présidence, Aung San Suu Kyi a dénoncé un "iceberg de la désinformation", faisant référence à des photographies dont la véracité n’a pas été prouvée. Il s’agissait de clichés publiés par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek et supprimés depuis, postés et accompagnés d’un message dénonçant le "nettoyage ethnique" à l’œuvre. À ce propos, Aung San Suu Kyi a déclaré :

"Ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d’un énorme iceberg de désinformation créé pour générer des problèmes entre les différentes communautés et promouvoir les intérêts des terroristes."

La pétition en ligne sur le site Change.org intitulée "Retirez le Prix Nobel à Aung San Suu Kyi" a recueilli plus de 371 000 signatures depuis sa création, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Cependant, le règlement régissant l’attribution d’un prix Nobel est clair : il est impossible de le révoquer.

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