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Le risque terroriste ne doit pas nous dissuader d'aller voter

Alors qu'un attentat terroriste a frappé la France à trois jours du premier tour de la présidentielle, la tentation de rester chez soi dimanche est forte – mais si on fait ça, ce sont les terroristes qui gagneront cette élection.

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La tentation du repli est forte. Le 20 avril, à trois jours du premier tour et au beau milieu de la dernière émission politique consacrée aux 11 candidats à la présidentielle, un nouvel attentat a frappé la France. Vers 21 heures sur les Champs-Élysées, un homme a tiré sur des policiers. L'un d'entre eux est mort, deux autres ont été grièvement blessés et une passante a été touchée. L'homme a aussitôt été abattu par les forces de l'ordre. À peine deux heures plus tard, l'organisation État islamique a revendiqué l'attaque, alors que le parquet antiterroriste se saisissait déjà de l'enquête.

Une douloureuse sensation d'habitude vient nous frapper. Après les attaques des 7 et 9 janvier 2015, du 13 novembre 2015, du 14 juillet 2016, et les assassinats des policiers de Magnanville et du père Hamel, on guettait presque le prochain attentat, en espérant qu'il n'advienne jamais. Il a fallu attendre d'être à 72 heures du premier tour pour que la France pleure à nouveau un mort.

Aussitôt, certaines personnalités politiques, usant de leur passage sur France 2, ont brandi le corps encore chaud du défunt policier comme un argument de campagne. Un goût amer d'indécence vous a peut-être donné l'envie de vomir et de rester chez vous dimanche. On vous comprend.

Notre seule arme

Perpétuer une attaque juste avant le premier tour : quoi de plus logique pour Daech, qui n'a pour objectif que de semer la peur et le trouble dans les démocraties ? On se souvient de l'effet boule de neige des attentats du 13-Novembre sur les élections régionales de décembre 2015. Le Front national, surfant sur la vague de la peur, avait capté près de 28 % des suffrages au premier tour. Quant à l'abstention, elle s'élevait alors à 50,2%, sapant encore un peu plus la démocratie.

Avoir peur de se rendre dans les bureaux de vote dimanche est tout à fait légitime. Même si François Hollande a promis "une vigilance absolue" des autorités pour le premier tour de la présidentielle, la menace est là. Mais rester paralysé n'est-il pas plus dangereux que d'aller glisser un bulletin dans une urne ? Finalement, ne serait-ce pas ça le but des terroristes : nous empêcher d'user de la seule arme politique dont chacun de nous dispose ?