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Pourquoi il n’y a pas eu de matinale sur France Inter ce matin

Un mouvement de grève a saisi deux stations de Radio France ce jeudi 7 septembre. En cause, l’absence de primes versées aux techniciens et producteurs, toujours plus polyvalents.

Poste de régie technique chez France Inter. (© Alain Bachellier/Flickr/CC)

Ce matin, pas de matinale sur France Inter, ni sur France Culture. À la place, une playlist "spécial grève" et un message répété de temps à autre :

"En raison d’un appel à la grève de la part d’une organisation syndicale portant sur la reconnaissance des tâches spécifiques effectuées par les équipes techniques des Pôles Productions élaborées pour France Inter et France Culture, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser."

Les employés de ce pôle, qui s’occupe de l’habillage des antennes de France Inter et France Culture (génériques, jingles, auto-promo, etc.), revendiquent ce que la plupart de leurs confrères ont obtenu par le passé : une revalorisation de salaire venant compenser la polyvalence toujours plus grande qui leur est demandée.

L’un d’entre eux (appelons-le Nicolas) nous raconte : "Pour résumer, à Radio France, pour faire une émission classique de radio, il y a un technicien, un réalisateur et un attaché de production. Sur notre pôle, les trois métiers ont été fusionnés, on doit faire les trois boulots." La polyvalence est en effet devenue un mot d’ordre chez ces professionnels du son, qui passent avec souplesse d’un métier à l’autre en fonction des besoins.

Des dires de Nicolas, ce cumul des métiers est communément admis comme une nouvelle norme au sein de la "maison ronde" : "On l’assume depuis des années, c’est quelque chose qui est en place, fait ses preuves et est reconnu par toute la direction technique, la direction des programmes et celle de France Inter même." Être à la fois technicien et faire un petit peu de réalisation, être attaché de production, élargir les tâches : voilà la nouvelle politique de la maison pour ses employés.

"Le dernier pôle à ne pas être reconnu comme les autres"

Manque une chose, et pas des moindres : la reconnaissance financière. "On demande à être mieux rétribué", explique Nicolas. Concrètement, cela passerait par de modestes primes mensuelles à hauteur du travail fourni, comme c’est le cas pour la plupart des personnels techniques de la maison.

Car les primes demandées par les Pôles Productions élaborées existent en effet déjà ailleurs, pour des techniciens d’autres pôles et pour des tâches équivalentes. "Dans les autres métiers, cette reconnaissance de la polyvalence a lieu depuis plusieurs années, cela fait par exemple plus de vingt-cinq ans que c’est le cas sur les matinales." Mais monté en puissance au cours de ces dernières années seulement, ce pôle n’y a toujours pas accès. "Nous demandons tout simplement une égalité de traitement entre les pôles, continue Nicolas. Nous sommes vraiment le dernier à ne pas être reconnu comme les autres."

Face à la grogne, la direction fait l’autruche et évite le dialogue, malgré l’insistance des grévistes. "La demande initiale date de plus de trois ans, et on a toujours été trimballés de rendez-vous en rendez-vous, d’interlocuteurs en interlocuteurs. […] On pense qu’ils essaient de laisser pourrir le truc", enfonce Nicolas. Par crainte de mettre un doigt dans l’engrenage en répondant favorablement à leurs revendications, Radio France semble donc prête à mettre en risque toute l’antenne de France Inter et France Culture.