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Pour sa première tournée africaine, Emmanuel Macron veut se distancier de ses prédécesseurs

Le chef de l’État entend moderniser les relations entre la France et les pays d’Afrique de l’Ouest.

Emmanuel Macron en conférence de presse aux Nations Unis, à New York, en septembre 2017. (© EuropaNewswire/Gado/Getty Images)

Les trois prochains jours du président Macron seront chargés et très scrutés : du 27 au 29 novembre, le chef de l’État français va en effet se rendre pour la première fois en Afrique dans le cadre d’une longue tournée officielle. Il ira plus précisément au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana. Et mardi 28, il prononcera un discours très attendu sur sa stratégie africaine, à l’université de Ouagadougou, où une séance de questions-réponses sera organisée avec 800 étudiants.

Loin d’être une corvée, il faut croire que ces quelques jours passés sur le continent africain comptent particulièrement pour Emmanuel Macron. Le JDD raconte en effet que le chef de l’État aurait toujours eu un fort intérêt pour ce continent, et ce, dès ses années à l’ENA : "Il s’est battu pour que notre promotion [de l’ENA] porte le nom de Senghor", raconte au journal l’un de ses anciens camarades de promo franco-béninois, aujourd’hui à la tête du Conseil présidentiel pour l’Afrique à l’Élysée. L’hebdomadaire poursuit :

"Emmanuel Macron avait persévéré en choisissant d’effectuer son premier stage en ambassade, non pas à Washington, Londres ou Berlin comme beaucoup de ses camarades, mais à Abuja, au Nigeria."

Mais ce fort intérêt sera-t-il suffisant pour les Africains, qui vivent actuellement dans un contexte de crises politiques au Togo et en Centrafrique notamment, et de terrorisme au Sahel. Sans parler de la question des migrants d’Afrique subsaharienne réduits en esclavage en Libye

La volonté d’un avant et d’un après

Emmanuel Macron, qui appartient à une génération plutôt éloignée du passé colonial, affiche en tout cas une volonté de se démarquer de ses prédécesseurs, en nouant une relation différente avec ses homologues africains. Une source élyséenne explique à France 24 :

"Nous avons conscience que la France n’est pas forcément attendue partout en Afrique et que son influence est en déclin, notamment auprès de la jeunesse. D’où la volonté du président de la République de s’adresser à des étudiants dans un pays – le Burkina Faso – où il y a eu une transition démocratique et où la jeunesse est politisée. Il s’agira d’avoir une posture d’humilité face à un public qui n’a pas forcément une bonne image de la France."

Car la France "ne s’est pas encore connecté[e] avec les jeunes générations, qui feront l’Afrique de demain", indiquait en 2015 un rapport parlementaire intitulé "La stabilité et le développement de l’Afrique francophone", et présidé par l’ex-député Les Républicains Jean-Claude Guibal.

Est-ce le possible point de départ d’une refondation des relations entre l’Afrique et la France ? Le journaliste Didier François, analyse sur Europe 1 :

"On sent une volonté de bâtir, par exemple un véritable partenariat économique, plutôt que de rester enfermer dans le simple cadre de l’aide au développement. Avec un discours très entrepreneurial dans les domaines d’avenir comme les énergies renouvelables, le sport ou le transport."