Des milliers de Catalans manifestent contre l’arrestation de leaders indépendantistes

Après l’interdiction de la tenue d’un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne par la justice espagnole, les bureaux de plusieurs membres de l’exécutif catalan ont été perquisitionnés par la police, dans la nuit du 19 au 20 septembre, dans le but de récupérer du matériel électoral. Révoltés par ces méthodes policières et l’arrestation de leaders indépendantistes, des milliers de Catalans ont manifesté à Barcelone.

Manifestation sur la place de Catalogne à Barcelone, le 11 septembre dernier. (© Ramon Costa/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

Le référendum d’autodétermination de la Catalogne devait avoir lieu le 1er octobre prochain. Le 6 septembre, le parlement catalan avait en effet adopté une loi permettant la convocation de ce scrutin dans la communauté autonome (le terme consacré pour les grandes régions espagnoles). Ce vote, qui devait se tenir dans une Catalogne majoritairement dominée par les indépendantistes depuis les élections régionales de 2015, devait permettre aux 7,5 millions de Catalans d’éventuellement devenir indépendants. Son enjeu est donc historique : si le "oui" l’emporte, la Catalogne pourrait proclamer son indépendance et se séparer du royaume d’Espagne.

Mais le 7 septembre, soit quelques heures seulement après la décision du Parlement catalan, la Cour constitutionnelle espagnole, dont le siège se situe à Madrid, a jugé le scrutin "illégal", mettant à mal la décision des indépendantistes. Mais les séparatistes n’avaient pas dit leur dernier mot…

Malgré la décision de la justice espagnole, l’organisation du référendum a en effet continué en Catalogne. Tout le matériel électoral, tels que les affiches et les tracts de campagne ont notamment continué à être imprimés.

Un référendum coûte que coûte

Comme l’explique France Info, une traque a été mise en place par les autorités, pour intercepter le matériel électoral toujours en circulation : dimanche 17 septembre, les enquêteurs ont par exemple saisi près de 1,3 million de tracts dans un entrepôt situé à une vingtaine de kilomètres de Barcelone. Des millions de bulletins de vote ont aussi été interceptés par la Guardia civil depuis début septembre. Mais ce 21 septembre, les spots télévisés expliquant aux Catalans comment voter le 1er octobre étaient toujours diffusés sur les chaînes de la région.

Vendredi 15 septembre, la pression a monté d’un cran entre la Catalogne et les autorités madrilènes. Le ministre des Finances espagnol, Cristóbal Montoro, a fait une annonce marquante à l’issue d’un Conseil des ministres :

"Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses, pour éviter qu’elles ne financent des 'activités illégales' comme le référendum."

Quelques jours plus tard, dans la nuit du 19 au 20 septembre, un nouveau seuil a été franchi : une douzaine de membres de l’exécutif catalan ont été arrêtés par la police, dans le cadre de l’enquête lancée pour empêcher la tenue du référendum. Des perquisitions et des gardes à vue ont eu lieu, scandalisant des milliers de Catalans, qui ont décidé de descendre dans les rues de la capitale administrative et économique de la Catalogne, Barcelone.

"Nous voterons !", scandaient certains manifestants. "Les forces d’occupation, dehors", criaient d’autres.

Pendant ce temps, au Parlement espagnol, à Madrid, Gabriel Rufiàn, un député du parti indépendantiste de gauche ERC, interpellait le chef du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, au sujet de ces arrestations :

"Je vous demande et j’exige que vous retiriez vos mains sales des institutions de la Catalogne. Vous et vos laquais êtes en train de détenir en ce moment des élus catalans […] pour leurs idées."

Ce jeudi 21 septembre, des milliers de Catalans sont toujours mobilisés dans les rues de Barcelone. Ils ont décidé de lancer une "mobilisation permanente".