Référendum : la Catalogne demande une médiation internationale

Dimanche 1er octobre, le référendum d’autodétermination calatan a été le théâtre de violences, plaçant l’Espagne dans une situation sans précédent. Malgré le "oui" triomphant des séparatistes, le gouvernement refuse de reconnaître le référendum en raison de son illégalité. Lundi 2 octobre, le Président catalan a demandé l’intervention d’un médiateur international.

(© Flickr/CC/Joan Campderrós-i-Canas)

Dimanche 1er octobre, les Catalans étaient appelés aux urnes afin de participer à un référendum d’autodétermination. Le "oui" est sorti largement gagnant de ce référendum en recueillant 90 % des suffrages exprimés, même s’il faut rappeler que le taux de participation était de seulement 42,3 %.

Néanmoins, le gouvernement espagnol et son chef Mariano Rajoy refusent de reconnaître sa légitimité en vertu de son anti-constitutionnalité. Le Premier ministre est allé jusqu’à déclarer dimanche dans la soirée qu’il n’y avait "pas eu de référendum d’autodétermination [hier] en Catalogne", ajoutant : "l’État de droit reste en vigueur avec toute sa force".

Au total, sur la journée de dimanche, plus de 900 personnes ont été blessées et des violences policières ont été pointées du doigt. En raison de l’illégalité de ce scrutin, Mariano Rajoy a déclaré que, selon lui, les 10 000 policiers qui se sont donc rendus sur place hier pour empêcher les gens de voter "[avaient] fait leur devoir", sans évoquer les moyens utilisés pour y parvenir.

L’ONU demande des enquêtes "indépendantes et impartiales"

Une délégation de parlementaires britanniques, venus observer le scrutin afin d’en vérifier le bon déroulement, a annoncé dans la soirée de dimanche qu’elle porterait plainte auprès du tribunal international, après s’être dite "en état de choc".

Lundi 2 octobre, le président de la région catalane, Carles Puigdemont, a demandé lors d’une conférence de presse "la présence d’un tiers" pour régler la situation, estimant que ce dernier devait être "international pour être efficace". Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a pour sa part demandé à ce que des enquêtes soient ouvertes au sujet des actes de violences, précisant que ces dernières devaient être "complètes, indépendantes et impartiales"

Il semble que l’appel de M. Puigdemont ait été entendu puisque mercredi 4 octobre, un débat aura lieu dans l’enceinte du Parlement européen afin de tenter de réfléchir à la question catalane. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a pour sa part réagi sur Twitter, déclarant avoir contacté Mariano Rajoy pour l’enjoindre de ne plus employer la force :

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