Les sénateurs républicains mettent un nouveau stop à la réforme de l’Obamacare

La réforme du système de santé du pays proposée par l’administration Trump est mal partie pour avoir l’assentiment du Sénat.

© Karol Serewis/Gallo Images Poland/Getty Images

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Il aura suffi que deux élus républicains changent d’avis au dernier moment pour que l’ensemble de la réforme reparte une nouvelle fois à la case départ. Dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 juillet, une énième proposition de loi visant à abroger et remplacer l’Obamacare cale au Sénat. Conscient qu’il n’aurait pas les 50 voix nécessaires pour passer le texte, le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a tout bonnement décidé d’annuler le vote. "Malheureusement, il est évident que nos efforts pour abroger et remplacer l’échec de l’Obamacare ne seront pas couronnés de succès", a-t-il déclaré, lucide, dans un communiqué.

C’est donc un nouveau revers saignant pour Donald Trump, qui souhaitait pourtant faire de cette réforme l’acte fondateur de son mandat. Le jeu parlementaire en aura voulu autrement, et pas qu’une fois. En mars, le Congrès refusait son texte ; fin juin, c’était au tour du Sénat de lui mettre un stop ; en juillet, rebelote. Quand ça veut pas, ça veut pas. Il faut dire que la réforme n’est pas des plus rassurantes. Elle se divise en deux chapitres tout aussi inquiétants. Pour commencer, l’abrogation de l’Obamacare, ce qui d’après le Bureau du budget du Congrès américain laisserait 32 millions d’Américains sans couverture santé en 2026.

Ensuite, son remplacement par un "Trumpcare" semblant aussi bancal que rétrograde. En vrac et entre autres : les citoyens américains ne seraient plus obligés d’être assurés ; les financements alloués au programme d’assurance pour les personnes les plus pauvres (appelé Medicaid) seraient réduits ; les États pourraient décider de ne plus accorder d’assurance maladie aux personnes ayant des antécédents médicaux. Bref, un retour en arrière tellement clivant que même les républicains, qui ne sont pourtant pas les derniers à critiquer l’Obamacare, n’en veulent plus.

Divisions

Après tant de revers, quel avenir pour la réforme ? Là encore, les républicains sont divisés. Certains d’entre eux, comme le sénateur John McCain, souhaitent que les discussions se fassent de manière bipartisane. "Le Congrès doit renouer avec ses habitudes, tenir des audiences, recevoir les délégations des deux partis", a déclaré John McCain, selon The Guardian. Une méthode douce axée sur le compromis qui vise à rassurer les élus autant que les administrés (et administrées…), inquiets de voir leur couverture santé s’envoler.

Mais la politique américaine n’est pas vraiment réputée pour ses échanges courtois entre familles politiques. En témoigne la volonté de Mitch McConnell de proposer au Sénat de supprimer purement et simplement l’Obamacare dans deux ans, sans proposer de solution de remplacement. Au vu de l’échec d’hier, rien ne laisse penser que cette nouvelle proposition ait un avenir parlementaire. Mais peu importe, puisqu’elle ravit Donald Trump. "Les Républicains doivent ABROGER cet échec d’Obamacare dès maintenant et travailler sur un nouveau plan de santé, en repartant du début. Les démocrates vont suivre !", a tweeté le président des États-Unis.