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Les voitures remplacées par des vélos, un toboggan dans Paris : les plus belles promesses de campagne

Instaurer une "journée de l’amour", installer Paris à la campagne et un toboggan à la Sorbonne, remplacer toutes les voitures par des vélos, on a retrouvé les plus belles promesses de campagne de tous les temps.

Quand on sera élus, tout ira bien.

"Quand on sera élus, tout ira bien."

Ah les promesses de campagne… Il y a les classiques : réduction d’impôts, suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), baisse de la dette et surtout du chômage, et puis, il y en a des plus originales et surtout des merveilleuses. Retour sur les promesses de campagne présidentielle les plus belles de l’Histoire.

  • Installer Paris à la campagne et un toboggan à la Sorbonne pour les étudiants

On ne blague pas du tout. Ces propositions pour le moins originales, appartiennent au programme de Ferdinand Lop qui se présenta à toutes les élections présidentielles de 1946 à 1958 (et aussi à l’Académie française). Journaliste, dessinateur, répétiteur d’anglais, écrivain, poète, humoriste et philosophe, Ferdinand Lop avait plus d’une corde à son arc, et une ambition sans égale. Ce personnage légendaire du quartier latin, avait plus d’un tour dans son sac et plus d’une idée pour moderniser Paris et la France.

Dans son programme présidentiel, qu’il avait appelé "lopéothérapie", en hommage à lui-même, on trouvait : la construction d’un pont de 300 mètres de large à Paris pour abriter les clochards, la prolongation du boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer, l’installation de Paris à la campagne, la construction d’un toboggan à la Sorbonne pour que les étudiants puissent s’y détendre, le raccourcissement des grossesses des femmes de neuf à six mois (oui, ce monsieur avait de l’humour), mais aussi la nationalisation des maisons closes pour que les prostituées puissent bénéficier d’aides publiques ou encore l’octroi d’une pension pour la femme du soldat inconnu. Ferdinand Lop s’éteindra en 1974, à l’âge de 83 ans, cette année-là, une fois encore, il était candidat à l’élection présidentielle. On regrette vraiment qu’il n’ait jamais été élu.

  • Remplacer les voitures par des vélos

Un peu plus tard, une autre figure emblématique de Paris présenta son programme présidentiel inédit. Aguigui Mouna, surnommé "Mouna", André Dupont de son vrai nom, était un philosophe libertaire, écologiste et pacifiste. Né en 1911 et mort en 1999, Aguigui Mouna reste un personnage marquant du XXe siècle et une figure de proue de Mai 68. Après avoir adhéré au Parti communiste à la Libération et en avoir été exclu quelques années plus tard, Mouna décide de porter sa voix politique tout seul. Celui qui dénonce le "caca-pipi-talisme" se présente aux élections présidentielles de 1974 et 1988 comme "non-candidat", comme il le dit.

Au programme, la "vélorution", c’est-à-dire remplacer toutes les voitures par des vélos. Son slogan favori : "La vélorution en marche". (Emmanuel Macron lui aurait-il piqué l’expression ?) Parmi les meilleurs punchlines écolos de Mouna on trouve aussi "Les bagnoles ras-le-bol", "Avec ton vélo, écrase les autos et pédale dans la choucroute", "L’énergie musculaire, l’énergie la moins chère !", ou encore "Mieux vaut être actif aujourd’hui que radioactif demain". Si à l’époque on se moquait de Mouna pour ses idées jugées loufoques, force est de constater qu’aujourd’hui elles sont plus que jamais au cœur du débat.

  • Instaurer une "journée de l’amour"

Le sujet pourrait paraître léger, et pourtant… L’instauration d’une "journée de l’amour" est la promesse de campagne de Marlène Mourreau, la fille du chauffeur de la célèbre actrice Marlene Dietrich, aujourd’hui présentatrice télé. Après avoir failli être élu Miss France en 1986 (elle termine première dauphine), elle intègre la campagne du Parti de la liberté et de l’amour lors de l’élection présidentielle de 1995 grâce à un certain Patrick Sébastien et en devient la candidate officielle.

Dans son programme, elle propose la création d’une "journée de l’amour", ainsi que la gratuité des préservatifs et le mariage homosexuel. Si on se moquait volontiers de la sulfureuse blonde à l’époque, ses propositions demeurent aujourd’hui de véritables sujets de société, puisque le mariage homosexuel a finalement été voté et qu’on attend vivement le remboursement des préservatifs. Pour la petite histoire, grâce à cette notoriété présidentielle, Marlène Mourreau enregistra une version de "Paris Latino", devenue culte. Comme quoi, la politique peu mener à tout, et inversement.