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Ratko Mladic, "le Boucher des Balkans", a été condamné à la prison à perpétuité

Mercredi 22 novembre, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a rendu son dernier grand jugement, à l’encontre de Ratko Mladic, qui a été condamné à la prison à perpétuité pour le massacre de Srebrenica, commis en 1995.

Ratko Mladic en 1995. (© Peter Turnley/Corbis/VCG via Getty Images)

Ratko Mladic est surnommé en France "le Boucher des Balkans", alors qu’en Serbie certains le considèrent encore comme un héros. Il comparaissait le mercredi 22 novembre devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), pour répondre notamment du massacre de Srebrenica, considéré comme la plus grande tuerie d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Inculpé pour "génocide", "crimes contre l’humanité" et "crimes de guerre", il a été condamné à la prison à perpétuité.

Ce jugement est venu clôturer 25 années de procès. C’est le dernier grand responsable de la guerre en Bosnie-Herzégovine à être condamnée par le TPIY, une instance exceptionnelle créée en 1993 par l’ONU.

Le TPIY va disparaître le 31 décembre 2017, après avoir instruit 161 dossiers ayant abouti à 83 condamnations. C’est aussi le premier tribunal à avoir inculpé un chef d’État en exercice, Slobodan Milosevic (malheureusement, l’ex-président yougoslave est mort avant la fin du procès).

Avant la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, la Macédoine et le Kosovo il y avait la Yougoslavie : un État fédéral de l’Est de l’Europe composé de six républiques. Son éclatement a été à l’origine de guerres violentes qui ont ravagé la région des Balkans pendant près de dix ans, de 1991 à 2001.

"Mladic est la quintessence du mal"

L’un des conflits les plus meurtriers a opposé la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. La guerre de Bosnie-Herzégovine a démarré en 1992, lorsque l’armée serbe a attaqué la Bosnie-Herzégovine à la suite de sa déclaration d’indépendance. Ratko Mladic était le chef de l’armée serbe pendant ce conflit qui a duré trois ans et fait 100 000 morts et entraîné le déplacement de 2,5 millions de personnes.

Il était surnommé le "Boucher des Balkans" par la presse francophone pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, au cours duquel plus 8 000 hommes et adolescents bosniaques ont été assassinés, en juillet 1995. En République serbe de Bosnie – dont il est originaire – et en Serbie, Ratko Mladic est pourtant considéré comme un héros national, comme le rapporte Le Courrier international.

Son procès avait commencé en 2011 après son arrestation en Serbie, à l’issue d’une longue cavale. Poursuivi pour "génocide", "crimes contre l’humanité" et "crimes de guerre", il était finalement présent mercredi 22 novembre pour assister au verdict de son procès dans une pièce adjacente à la salle d’audience, à cause de sa santé fragile. Âgé de 75 ans, il a été victime de plusieurs accidents vasculaires ces dernières années.

Selon Le Monde, le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a salué la condamnation à perpétuité de l’ancien chef militaire, qu’il a qualifiée de "victoire capitale pour la justice" :

"Mladic est la quintessence du mal. Ce verdict est un avertissement aux auteurs de tels crimes qu’ils n’échapperont pas à la justice, aussi puissants soient-ils, et quel que soit le temps qu’il faudra. Ils devront rendre des comptes."

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