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Risque terroriste : Greenpeace alerte sur la nécessité de sécuriser les centrales nucléaires

Mardi 10 octobre, Greenpeace a publié un rapport alarmant concernant la sécurité dans les centrales nucléaires. Très mal protégées, elles constituent un véritable danger face à de potentiels actes de malveillance, plus que probables étant donnée la situation géostratégique dans laquelle la France se trouve.

(© Wikipédia/CC/Calmos)

Mardi 10 octobre, Greenpeace a publié un rapport à l’adresse des autorités belges et françaises afin de les alerter au sujet de la sécurité des centrales nucléaires. "Ce rapport, parce qu’il contient des informations sensibles relatives à la sécurité des installations nucléaires françaises et belges, ne sera pas rendu public." L’ONG, après avoir passé en revue les différents réacteurs et centrales présents sur le territoire français, compare ces dernières à une "épée de Damoclès au-dessus de nos têtes", notamment en raison de la situation géopolitique et du risque d’attaque permanent.

Selon ce communiqué, ce sont les piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés qui constituent le "talon d’Achille" de nos centrales. Pour comprendre, il convient au préalable de rappeler ce qu’est une "piscine". Il s’agit, dans une centrale, de l’endroit où est stocké le combustible radioactif utilisé par le réacteur nucléaire pour produire de l’énergie. Comme il dégage énormément de chaleur, il y est refroidi afin de baisser son niveau de radioactivité. C’est pourquoi ces dernières sont appelées "piscines de désactivation" : en dissipant la chaleur, elles permettent de baisser le niveau de radioactivité.

Le problème pointé du doigt par Greenpeace est que ces piscines ne sont pas sécurisées, a contrario des bâtiments des réacteurs, qui bénéficient quant à eux d’une sécurité renforcée. Logiquement, si une piscine venait à être endommagée, elle perdrait son eau. Par conséquent, le combustible ne serait plus refroidi, multipliant alors considérablement la radioactivité. Après étude, l’ONG considère que 63 de ces piscines présentent un risque.

"Ce risque qui plane sur les centrales nucléaires ne peut être ignoré plus longtemps"

L’organisation exhorte les autorités à agir car elle rappelle que ces piscines d’entreposage peuvent "contenir plusieurs centaines de tonnes de combustible, c’est-à-dire de matière radioactive, soit l’équivalent de deux à trois fois le cœur de leur réacteur" : "N’attendons pas les bras croisés que le pire arrive : parlons-en et agissons." Par "pire", elle entend "attaque terroriste", auquel cas un accident nucléaire aurait alors lieu après perte de refroidissement, comme Greenpeace l’explique :

"En cas d’attaque extérieure, si une piscine est endommagée et qu’elle perd son eau, le combustible n’est plus refroidi et c’est le début d’un accident nucléaire : de la radioactivité s’échappe massivement dans l’atmosphère, avec des conséquences radiologiques très graves."

L’ONG précise que l’inquiétude est légitime puisque le risque est avéré :"des individus dotés d’intentions criminelles ont bien montré des signes d’intérêt pour des installations ou activités nucléaires." Greenpeace conclut son rapport en demandant à l’exploitant français EDF de "prendre ses responsabilités" en arrêtant de "mettre en danger les Français et leurs voisins européens". Pour l’instant, EDF n’a pas réagi publiquement à cette exhortation.

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