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Manifestations anti-Poutine : l’opposant Alexeï Navalny libéré mais inquiété

Dimanche 28 janvier, des milliers de Russes ont manifesté contre certains points de l’organisation de l’élection présidentielle de mars prochain. Le principal opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, a été arrêté pendant plusieurs heures pour avoir "violé des procédures".

Alexeï Navalny lors de l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle russe, en décembre dernier. (© Sergei Fadeichev/TASS/Getty Images)

Le 18 mars, le peuple russe est appelé aux urnes pour désigner son chef d’État. L’actuel président, Vladimir Poutine, est candidat à sa propre succession et espère obtenir un quatrième mandat. Alors qu'il y a de fortes chances qu'il soit réélu, son principal opposant, Alexeï Navalny, a été arrêté le dimanche 28 janvier, alors qu’il manifestait contre ce scrutin qu’il juge truqué d’avance.

Celui qui se dit "harcelé" par les autorités avait appelé à manifester contre la "supercherie" de la prochaine élection présidentielle. Il a été interpellé alors qu’il venait de rejoindre les rangs des manifestants et a passé plusieurs heures dans un poste de police, avant d’être relâché un peu plus tard dans la journée.

D’après son avocate, Maître Olga Mikhaïlova, aucune charge n’a été retenue contre lui. Alexeï Navalny a officiellement été arrêté pour avoir "[violé] des procédures concernant l’organisation d’une manifestation". Environ 180 personnes à travers le pays ont également été arrêtées.

"À bas le tsar !"

D’après l’Agence France-Presse, plus de 4 000 personnes ont participé à la manifestation de Moscou et plusieurs centaines d’autres ont défilé dans les rues de Saint-Pétersbourg – ainsi que dans quelque 120 villes du pays. Des milliers de personnes étaient aux côtés de l’avocat pour dénoncer le "trompe-l’œil" que constitue ce scrutin, et scandaient "À bas le tsar !".

Alexeï Navalny avait été déclaré inéligible le 25 décembre dernier par la Commission électorale russe, pour une implication dans une affaire de détournement de fonds – qu’il estime être une opération du gouvernement pour l’éloigner du pouvoir. Le procès avait été qualifié par la Cour européenne des droits de l’homme de "non équitable". Alexeï Navalny a toujours critiqué ces élections qui consistent selon lui, "de fait, à renommer Poutine".

Dimanche, l’opposant à Poutine a annoncé qu’il n’avait pas récupéré son téléphone et que si les gens qui lui envoyaient des messages recevaient une réponse de sa part, ce ne serait "assurément pas lui, mais Poutine". Il a ensuite publié un message laissant entendre qu’il n’abandonnerait pas :

"Aujourd’hui était une journée importante. Nous avons montré que toute la Russie n’est pas prête à abandonner les élections et à accepter la monarchie. […] Merci à tous ceux qui n’ont pas peur de reconstruire leurs droits."

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