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Sebastian Kurz : le millennial conservateur qui va prendre la tête de l’Autriche

En remportant les élections législatives de son pays, le dimanche 15 octobre, l’Autrichien Sebastian Kurz est appelé à devenir le plus jeune dirigeant au monde.

Sebastian Kurz en novembre 2016, en Allemagne. (© TF-Images/Getty Images)

Avec ses cheveux bruns peignés en arrière et ses yeux bleux, Sebastian Kurz est le nouveau visage de l’Autriche : à seulement 31 ans, il s’apprête à devenir chancelier. Dimanche 15 octobre, le parti de centre-droit ÖVP, dont il est le dirigeant, a remporté les élections législatives (avec 31,7 % des suffrages).

Dans les prochains jours, il va être chargé par Alexander Van der Bellen, le chef de l’État autrichien, de former un nouveau gouvernement dont il prendra la tête, ce qui fera de lui le plus jeune dirigeant du monde. Sebastian Kurz devra probablement s’entendre avec les sociaux-démocrates du SPÖ et la formation d’extrême droite du FPÖ, dont il s’est idéologiquement rapproché durant la campagne.

"Jeune", "dynamique","ambitieux", "européiste" : ces attributs lui valent très souvent d’être comparé à Emmanuel Macron. Cependant, contrairement au président français, il n’a pas créé le mouvement qui l’a mené jusqu’au pouvoir.

Le "wunderwuzzi" – "l’enfant prodige", comme il est surnommé là-bas – a en effet modernisé une formation existant depuis plus de 70 ans (ce qui a permis de la sauver). Mais comme Emmanuel Macron, il revendique sa volonté d’en finir avec le vieux système et de casser les codes de la politique traditionnelle.

Un jeune premier très conservateur

Toutefois, il y a certaines vieilles idées de l’ÖVP auxquelles Sebastian Kurz reste très attaché, notamment sur l’immigration. Il a remporté les élections législatives en étoffant un discours anti-immigration déjà bien chargé. Certaines de ses idées, relatives à la fermeture des frontières ou au plafonnement de l’accueil des réfugiés, le rapprochent même du FPÖ, qui a crié au plagiat durant la campagne.

Sa fulgurante carrière a commencé à la tête de la jeunesse de l’ÖVP, en 2009. Deux ans plus tard, il est nommé secrétaire d’État. Mais c’est lorsqu’il prend ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, à 27 ans à peine, qu’il entre véritablement dans la lumière. Il devient le plus jeune ministre d’Europe et commence à construire son discours anti-immigration. À l’automne 2015, c’est l’un des premiers responsables européens à critiquer la politique d’accueil de la chancelière allemande Angela Merkel.

Aujourd’hui, il est appelé à devenir le plus jeune dirigeant d’Europe, devant le Premier ministre irlandais Leo Varadkar (38 ans) et le président français Emmanuel Macron (39 ans).

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