En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

François Fillon, août 2016 : "Si j'étais mis en examen, je ne serais pas candidat"

Versatile (adj., du latin versatilis, de versare, tourner) : "qui est sujet à des volte-face subites." Illustration par l'exemple Fillon.

Mercredi 1er mars, François Fillon a organisé une conférence de presse durant laquelle il a réaffirmé sa volonté de se présenter à l'élection présidentielle et ce malgré sa prochaine mise en examen. Ce que l'on appelle désormais "l'affaire Penelope Fillon" ternit fortement l'image du candidat. Il fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire et le dossier est désormais entre les mains de magistrats instructeurs indépendants, qui ont pris la décision de le convoquer le 15 mars.

Il a tenu aujourd'hui à clarifier qu'il restait candidat malgré tout, s'exclamant : "Au-delà de la procédure judiciaire, c'est au seul peuple que j'en appelle, que je m'en remets. Seul le suffrage universel, et non pas une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la République. Je ne me retirerai pas." Ce n'est pourtant pas ce que le candidat des Républicains affirmait il y a six mois. Retour chronologique sur une splendide volte-face.

Août 2016, l'été des beaux discours

Lors d'un discours à Sablé-sur-Sarthe le 28 août 2016, François Fillon avait eu des mots très durs à l'égard des politiques mis en cause dans des affaires judiciaires. Visant à demi-mot l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, son concurrent pour la primaire de la droite et du centre, il n'hésitait pas à le charger, balançant le désormais célèbre : "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?" Il avait également déclaré : "Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable."

Le même mois, François Fillon avait été l'invité de la matinale de BFM TV. Le journaliste Jean-Jacques Bourdin l'interrogeait sur la conduite qu'il adopterait en cas de mise en examen : serait-il quand même candidat ? Réponse : "Non, certainement pas. Si j'étais mis en examen, je considérerais que je ne suis pas en mesure d'assurer la direction du pays dans des conditions exemplaires. C'est une question morale."

Cette promesse en direct fut réitérée par François Fillon au journal télévisé de TF1, fin janvier. Au lendemain des accusations d'emploi fictif portées à l'encontre de sa femme, le député de Paris avait très clairement précisé qu'il renoncerait uniquement s'il était mis en examen.

2017, l'année du retournement de veste

La mise en examen du candidat vient donc sérieusement entacher une campagne de communication bâtie sur sa probité, en opposition à d'autres candidats à la primaire ayant eu des démêlés avec la justice, comme Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé. Les soupçons d'emploi fictif et d'abus de bien sociaux l'ont donc forcé à rétropédaler doucement dans les colonnes du Figaro, qui l'avait interrogé sur la question d'un éventuel retrait en cas de mise en examen :

"J'avais souhaité que la justice agisse vite dans cette période particulière qu'est la campagne présidentielle. Mais la justice n'a pas pris de décision. L'enquête se poursuit et l'horloge tourne. Plus on s'approche de la date de l'élection présidentielle, plus il serait scandaleux de priver la droite et le centre d'un candidat. Je m'en remets désormais au suffrage universel. Ma décision est claire : je suis candidat et j'irai jusqu'à la victoire."

Mercredi 1er mars, il a donc confirmé sa position : quoi qu'il advienne, il ne se retirera pas et poursuivra sa course à l'Élysée, coûte que coûte. Aurait-il la mémoire courte ?