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Bac 2017 : et si les politiques repassaient l'épreuve de philo ?

"Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?", a-t-on demandé aux séries L. François Fillon a la réponse.

Instagram de François Fillon

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Ce matin, 520 000 lycéens planchaient sur la philo, première étape du baccalauréat. Les candidats avaient quatre heures pour répondre à une des deux dissertations au choix ou se soumettre au commentaire de texte. Pour chaque filière, on a retrouvé les explications, plutôt philosophiques, de François Fillon, Emmanuel Macron, et Christiane Taubira.

  • "Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?", série L : la réponse de François Fillon

C’était le sujet 2 de la série littéraire. Pour répondre à cette question, on pense tout de suite au Platon du parti Les Républicains : François Fillon, maître en rhétorique de la contradiction. Sur sa copie, l’élève Fillon aurait sûrement répondu :

"Tout est légal mais suis-je autant quitte sur le plan moral ? C’est aux Français de juger."

C’est ce qu’il a déclaré le 6 février dernier, se justifiant ainsi d’avoir employé sa femme, Penelope Fillon, comme assistante parlementaire. Dans le grand II de son argumentation, le candidat à la présidentielle a poursuivi :"J’ai mis un peu plus de temps qu’il n’aurait fallu à comprendre les évolutions de la société mais je n’ai pas enfreint la loi." Même si on n’est pas prof de philo, on n’est pas vraiment convaincu par l’argumentation de François Fillon. On est obligé de lui mettre un 5/20. Au rattrapage, M. Fillon.

  • "Peut-on se libérer de sa culture ?", série S : la réponse d’Emmanuel Macron

C’était le sujet 2 des terminales en série scientifique. Pour y répondre, nul autre que notre président de la République, Emmanuel Macron. Et pour cause, avant de servir l’État, il bûchait sur la philosophie. D’ailleurs, son nom apparaît dans un volumineux ouvrage de Paul Ricœur, La Mémoire, l’Histoire et l’oubli. À cette question sur la culture et la liberté, Emmanuel Macron aurait pu répondre que :

"Il n’y a pas une culture française. Il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple."

C’est ce que le candidat d’En marche ! avait déclaré le 4 février dernier lors d’un meeting à Lyon. Une phrase d’introduction qui lui a valu les critiques de ses camarades, les candidats à la présidentielle, surtout ceux situés à droite de la classe (politique). Conscient d’avoir commis une erreur de débutant, sûrement dû au stress des exams, Emmanuel Macron s’est rattrapé quelques semaines plus tard dans une tribune où il a précisé que "la culture française est un fleuve nourri de confluents nombreux, la rencontre de la tradition et de la modernité".

Habile dans l’exercice, le candidat d’En marche ! a fini par citer de grands auteurs pour justifier son argumentation :"Le fondement de la culture française, c’est de prétendre à l’universel. Aller vers Hugo, Gide, Duras, Glissant ou Yourcenar, c’est l’inestimable opportunité donnée à chacun de vivre la vie des autres, de dépasser sa condition. C’est la raison pour laquelle la France est plus qu’une somme de communautés." Pas mal, mais Emmanuel Macron ne répond pas vraiment à la question posée. 10/20 pour le président de la République.

  • "Y a-t-il un mauvais usage de la raison ?", série techno : la réponse de Christiane Taubira

Le sujet 1 de la série technologique aurait pu être posé quelques semaines plus tôt. C’est après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle que la question de "l’usage de la raison" aurait eu le plus de sens. Alors qu’Emmanuel Macron s’opposait à Marine Le Pen, que fallait-il faire quand on était de gauche ? Voter Macron, voter blanc, ne pas voter. Un véritable casse-tête, pire que tous les sujets de philosophie réunis. Pour y répondre, c’est chez Konbini que Christiane Taubira a développé sa redoutable argumentation. Elle nous a expliqué que voter Emmanuel Macron était "un acte de raison", et non "un geste d’enthousiasme".

Bon ou mauvais ? Là n’est pas la question a répondu l’ancienne garde des Sceaux : "Moi-même, je préfère les arguments aux incantations", a-t-elle dit, avant d’ajouter : "Vous pouvez faire du vote de dimanche, si vous êtes nombreux et visibles, non un acte d’allégeance ou une délégation mais l’affirmation de votre présence et de votre volonté." Face à la difficulté de la question, force est de reconnaître la force de l’argumentaire de Mme Taubira, à qui on attribue un joli 15/20.