Soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen : l’audience de Louis Aliot reportée

Mardi 26 septembre, le vice-président du Front national, Louis Aliot, était convoqué par la justice dans le cadre de l’affaire dite des assistants parlementaires au Parlement européen. L’audience a été reportée après que son avocat a déposé une question prioritaire de constitutionnalité.

(© Pablo Tupin-Noriega/Wikimedia/CC)

Mardi 26 septembre, le vice-président du Front national, Louis Aliot, était convoqué par la juge Thépaut, qui officie au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Cette convocation s’inscrivait dans le contexte des soupçons d’emplois fictifs concernant des assistants parlementaires d’eurodéputés FN, et était organisée en vue d’une mise en examen.

Pour rappel, Marine Le Pen, la présidente du parti et ancienne candidate à l’élection présidentielle, avait été mise en examen pour "abus de confiance" dans le cadre de cette même affaire, le 30 juin dernier. Comme le rappelle Le Figaro, la mise en cause de Louis Aliot est due à l’emploi "de juillet 2014 à février 2015, de son assistant parlementaire Laurent Salles, lui-même mis en examen pour recel d’abus de confiance". Dans cette enquête ouverte en décembre 2016, six membres du FN sont actuellement soupçonnés d’avoir organisé un système de rémunération de membres du parti grâce aux fonds du Parlement européen.

Louis Aliot demande "l’application de l’État de droit"

À l’instar de l’audience de Marine Le Pen – qui n’a pas eu lieu, car elle a dénoncé une "violation du principe de séparation des pouvoirs" – celle de son compagnon a été repoussée. En effet, le vice-président en charge de la formation et des manifestations du parti a déposé une requête qui a permis le report de l’audience.

Mardi 26 septembre, Louis Aliot a publié un communiqué de presse dans lequel il explique demander "l’application de l’État de droit". Il met en cause l’ex-président du Parlement européen, Martin Schulz, qu’il accuse d’être à l’initiative de l’enquête. Son avocat a déposé ce que l’on appelle une question prioritaire de constitutionnalité. Il s’agit d’une garantie de la Constitution qui arroge le droit "à toute personne qui est partie à un procès ou une instance de soutenir qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés".

L’avocat chargé de sa défense, Marcel Ceccaldi, a fait valoir, comme il l’a rapporté au Point, que son client n’a "pas été interrogé par l’Office de lutte européen contre la fraude (Olaf), jamais convoqué non plus. Il a juste fait l’objet d’une enquête interne de la part des services du Parlement européen". Il pointe, comme dans le cas de Marine Le Pen, un problème de "séparation des pouvoirs".

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