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Pendant ce temps en Suède, un député s'excuse pour avoir acheté du vin avec sa carte de fonction

Le règlement du Parlement lui interdisait d'utiliser les points de fidélité de sa carte de fonction. Une situation dérisoire au regard de ce qui se passe en France.

(©Wojtek Szkutnik / Flickr / CC)

(© Wojtek Szkutnik/Flickr/CC)

Dans une galaxie lointaine, à des années-lumières de la France et de l'affaire Fillon, se trouve une planète froide appelée Suède. On y trouve des hommes étonnants, immunisés contre la corruption, les détournements de fonds et autres abus de biens sociaux si répandus chez nous. Chez les Suédois, une ministre peut démissionner parce qu'elle a été contrôlée en conduisant avec 0,2 grammes d'alcool dans le sang, ou parce qu'elle a acheté une barre chocolatée avec sa carte de fonction. Diantre !

Le dernier "scandale" en date nous vient de Tomas Tobé, un député au Riksdag (le Parlement suédois) peu regardant sur le règlement lié à son illustre fonction. Comme tous les députés, il dispose d'une carte de voyage offerte par le Parlement pour ses trajets en train. Carte qui, à la longue, génère des points de fidélité.

À force de sillonner son pays pour rencontrer ses administrés, Tomas Tobé a forcément cumulé un bon nombre de points, pour une valeur de 10 865 couronnes très exactement, soit environ 1 150 euros. Et l'infâme ne s'est pas gêné pour les dépenser : quelques bouteilles de vin, huit billets de train allers-retours et... un sac de noix. Royal, et illégal.

Un comportement "inapproprié"

L'affaire prend très vite de l'ampleur et devient un véritable scandale national. La cheffe de son parti des Modérés (Parti modéré de rassemblement) a parlé d'un comportement "inapproprié", tandis qu'un procureur a immédiatement annoncé l'ouverture d'une enquête pour manquement au règlement du Parlement suédois.

L'intéressé, quant à lui, s'est confondu en excuses dans un post sur son profil Facebook : "Je vais faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais et j'aimerais sincèrement m'excuser pour ce que j'ai fait", tout en affirmant avoir "commis une erreur", comme le rapporte France Info. Qui imagine le général de Gaulle s'excuser pour avoir utilisé ses points de fidélité ?

La culture de la transparence est poussée jusqu'à l'extrême en Suède. La vie des responsables publics est constamment scrutée, documentée et publiée, ne leur laissant absolument aucune marge d'erreur et, de fait, coupant court à la plupart des problèmes de corruption qui frappent encore d'autres pays. Grâce à de solides contre-pouvoirs, la société contrôle ce qui est fait avec l'argent public, le sien. Quoi de plus normal ?