Thierry Solère embarrasse LREM en s'accrochant à son poste de questeur de l’Assemblée nationale

Alors qu’il vient tout juste de quitter Les Républicains pour rejoindre La République en marche, le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère refuse d’abandonner son poste stratégique de questeur. Selon la tradition, celui-ci devrait normalement être occupé par un membre de l’opposition.

Thierry Solère sur le plateau de BFMTV. (© BFMTV)

Les avantages liés à la fonction de questeur sont très nombreux, et force est de constater que le député désormais La République en marche (LREM) Thierry Solère ne semble pas être prêt à y renoncer.

Depuis juin, celui qui a été élu député sous l’étiquette Les Républicains (LR) est également questeur de l’Assemblée nationale. Avec deux autres députés, Thierry Solère a ainsi été élu par ses pairs pour représenter la composition de l’Assemblée.

Dans le cadre de leur fonction, les trois questeurs doivent élaborer et gérer le budget du Palais-Bourbon. "Ce sont donc eux, au sein de la commission commune des crédits, qui arrêtent le montant de la dotation annuelle versée par l’État pour assurer le fonctionnement du législatif. Ils ne dépendent pas de l’exécutif", explique Le Parisien.

"[Ils] sont chargés des services financiers et administratifs. Aucune dépense nouvelle ne peut être engagée sans leur avis préalable", stipule pour sa part le site de l’Assemblée nationale.

Et les questeurs sont très bien rémunérés : en plus de l’indemnité de 7 209,74 euros bruts mensuels qu’ils touchent en tant que députés, ils gagnent 5 003,57 euros bruts supplémentaires par mois pour remplir leurs fonctions de questeurs.

"Sans compter les indemnités représentatives de frais de mandat dont le montant mensuel au 1er février 2017 atteignait 5 840 euros bruts mensuels et le crédit affecté à la rémunération de leurs collaborateurs : 9 618 euros mensuels", précisent Les Échos.

À tout cela s’ajoute également, pour chaque questeur, un logement de fonction de 400 mètres carrés situé à l’Hôtel de Lassay (situé dans le très chic VIIe arrondissement de Paris, juste à côté de l’Assemblée). Un très beau pactole que Thierry Solère n’a probablement pas envie d’abandonner…

"Je n’ai aucune raison de démissionner"

Mais les critiques pleuvent au Palais-Bourbon. En juin dernier, les élections de Thierry Solère (alors LR mais déjà très proche de LREM), de Laurianne Rossi (LREM) et de Florian Bachelier (LREM) faisaient déjà grincer des dents. En effet, depuis 1973, la tradition veut qu’au moins un des trois questeurs élus soit issu des rangs de l’opposition…

Les critiques ont redoublé d’intensité depuis que Thierry Solère a officiellement rejoint LREM, après avoir été exclu du parti Les Républicains, le 31 octobre dernier – avec le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin et le secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu.

"Je n’ai aucune raison de démissionner", s’est défendu Thierry Solère sur BFMTV le 26 novembre.

À cause du refus du député des Hauts-de-Seine de quitter son poste de questeur, cela va donc être au président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, de trancher. Car dans les rangs de l’opposition – du côté de LR en particulier – les appels à la démission fusent, au grand dam de la majorité.