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Trump veut reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël : la communauté internationale s’inquiète

Alors que le président américain doit annoncer officiellement son intention de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, la communauté internationale s’inquiète des conséquences d’une telle décision sur le fragile équilibre de la région.

Le Mont du Temple, à Jérusalem. (© Godot13/Wikimedia/CC)

Mardi 5 décembre, Donald Trump a informé plusieurs dirigeants du Moyen-Orient de son souhait de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas jusqu’au président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, en passant par le roi Abdallah II de Jordanie, tous ont fait part de leurs inquiétudes au 45e président des États-Unis sur les conséquences d’une telle décision.

Pourtant, ce projet n’est pas nouveau. En effet, le Congrès américain a voté en 1995 l’Embassy Act, un texte qui prévoit précisément ce déménagement. Toutefois chaque président dispose depuis de la possibilité de reporter cette opération de six mois, au nom de la "sécurité nationale des États-Unis".

Tous les prédécesseurs de Donald Trump ont usé de ce droit de report jusqu’à aujourd’hui. Et pour cause : ce dernier en avait fait l’une de ses promesses de campagne. La question du statut de Jérusalem est au cœur du conflit israélo-palestinien depuis un demi-siècle – c’est pour cela que tous les pays du monde ont fait le choix de Tel-Aviv pour leurs ambassades.

Comme le rappelle Le Monde, l’occupation de la partie orientale de Jérusalem par Israël, en juin 1967, puis son annexion et la proclamation de Jérusalem comme "capitale indivisible" d’Israël n’ont été reconnues par aucun État – ce qui n’a pas empêché l’État israélien d’y transférer son Parlement et son gouvernement en 1980 après le vote d’une loi constitutionnelle.

Estimant que le statut de la ville doit faire l’objet de négociations entre les Israéliens et les Palestiniens, les Nations unies n’ont jamais reconnu Jérusalem comme la capitale de l’État juif et ont même déclaré illégale la loi de 1980.

La situation est d’autant plus problématique que les États-Unis sont censés jouer un rôle dans le règlement du conflit israélo-palestinien, en la personne de Jared Kushner, conseiller et gendre de Donald Trump.

Réactions en chaîne

Partout dans le monde, des voix se sont élevées pour tenter de dissuader Donald Trump de jeter de l’huile sur le feu. Le mouvement islamiste palestinien du Hamas a d’ores et déjà prévenu qu’il appellerait à une nouvelle intifada ("soulèvement" en arabe), si Donald Trump reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le président de la Turquie, Recep Erdogan, a également mis en garde le président des États-Unis, présentant le statut de Jérusalem comme une "une ligne rouge pour les musulmans" :

"Nous allons mener cette lutte jusqu’au bout avec détermination. Et cela pourrait aller jusqu’à la rupture de nos relations diplomatiques avec Israël."

De son côté, le roi Salmane d’Arabie saoudite a averti Washington qu’une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans", comme le rapporte Le Monde.

Mahmoud Abbas aurait également attiré l’attention de Donald Trump sur les "conséquences dangereuses d’une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde". La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, aurait de son côté évoqué "une démarche aux conséquences graves".

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s’est également exprimée au nom des 28 États membres de l’Union européenne, rappelant l’importance d'"éviter absolument […] toute action qui nuirait" aux efforts de paix. Par ailleurs, Emmanuel Macron avait téléphoné à Donald Trump lundi pour exprimer la préoccupation de la France.

Lors d’une conférence à Jérusalem, l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a également rappelé la position du secrétaire général de l’ONU sur la question : "Il a dit que nous devons tous nous montrer très prudents quant à ce que nous faisons."

Donald Trump doit s’exprimer dans le détail mercredi 6 décembre, en milieu d’après-midi.

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