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Un rapport pointe les difficultés de l’armée française à garder ses soldats

Une récente étude du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire révèle les difficultés que rencontre l’armée pour fidéliser ses troupes.

Les Combattants, sorti en 2014, raconte l’histoire de deux jeunes déçus par l’armée. (© Haut et Court)

Des conditions de vie considérées comme difficiles, une concurrence du privé de plus en plus féroce… Depuis quelques années, les raisons poussant les soldats à quitter l’armée française ne manquent pas, selon une étude du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM) publiée le 6 octobre :

"La perception de leur carrière par les militaires eux-mêmes semble affectée par la conjonction de plusieurs facteurs négatifs : difficulté à concilier vie militaire et vie personnelle, manque de moyens, crainte d’une perte de compétences techniques et tactiques, lassitude face aux difficultés rencontrées en matière de soutien et d’environnement (infrastructure et hébergement)…", énumère le rapport.

Ainsi, bien que les recrutements ne cessent d’augmenter au sein de l’armée française (ces derniers sont passés "de 20 430 en 2014 à 34 523 en 2016"), l’institution a du mal à garder ses jeunes recrues… Ainsi, seuls 64,9 % des soldats de l’armée de Terre et 58,3 % des soldats de l’armée de l’Air restent au sein de l’armée une fois leur premier contrat terminé.

Et bien que "les militaires du rang [soient] appelés, majoritairement, à réaliser des carrières courtes", l’armée aimerait cependant les garder plus longtemps : huit ans au moins pour les soldats de l’armée de Terre. Mais cet objectif n’est "aujourd’hui […] pas atteint", selon le HCECM.

Manque de formation, problèmes de paiement

"La fidélisation constitue un défi de première importance. Une partie des réponses sont certainement à trouver du côté des moyens et de la préparation opérationnelle […]. D’autres réponses portent, enfin, sur les carrières et les rémunérations […]", poursuivent les membres du HCECM à l’origine de l’étude.

Car en plus des difficultés résultant d’un environnement peu favorable, les problèmes liés à la formation et au paiement des salaires des soldats posent également problème.

Ainsi, dans le cadre de la rédaction de ce rapport, le chef d’État-Major des armées (CEMA) a évoqué le fait que "20 % des pilotes de l’aviation légère de l’armée de terre (Alat) ne sont pas aptes 'mission de guerre', faute d’heures de vol". "Les membres du Haut Comité ont pu rencontrer des équipages de blindés qui n’avaient ni tiré, ni manœuvré avec leur matériel de dotation depuis près de 2 ans, notent les auteurs du rapport. Cette situation inquiète les militaires et pèse sur leur moral."

Les défaillances logistiques comme les pannes récurrentes du logiciel de paiement Louvois agacent également de nombreux soldats. "Le logiciel défectueux Louvois, qui depuis 2011 empêche soldats et officiers d’être correctement payés, ne sera retiré qu’en 2021", notait Le Monde en février dernier.

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