Une eurodéputée conseille de boycotter les tampons jusqu'à ce qu'ils soient étiquetés

Après les révélations du danger des tampons pour la santé des femmes et face au refus de la Commission européenne d'étiqueter ces produits, l'eurodéputée Michèle Rivasi conseille sur Le Monde de faire pression en boycottant les tampons.

Ce mardi 25 avril, France 5 diffusait le documentaire Tampon, notre ennemi intime, également à voir en replay, explorant les dangers de la composition cachée de ces protections hygiéniques. Suite à ce film qui a fait du bruit, l'eurodéputée Michèle Rivasi (Verts-Alliance libre européenne) a expliqué au Monde pourquoi la Commission européenne avait répondu négativement à sa demande sur la "transparence et l’étiquetage sur la composition des produits hygiéniques" du 29 février 2016 — une question que le documentaire d'Audrey Gloaguen mentionnait.

Le problème réside dans la composition réalisée par l’ECHA, "l’Agence européenne des produits chimiques, sur laquelle s’appuie la Commission pour fixer les seuils maximaux de substances toxiques". Elle ne fait pas d'étude sur les composants des tampons, et son effet sur la santé des femmes. Et ce, pour une raison simple : cette agence est notamment constituée de "beaucoup d’industriels et des associations comme l’Edana, qui représente les intérêts de l’industrie des produits absorbants". Il ne reste par conséquent que deux solutions possibles aux yeux de Michèle Rivasi :

"[...] soit la Commission oblige les gros industriels comme Procter & Gamble ou Johnson & Johnson à révéler leurs composants, soit les tampons changent de catégorie. Ils pourraient être classés non plus dans les produits de consommation classique, mais dans les dispositifs médicaux, comme les pansements ou les gazes."

En effet, les dispositifs médicaux ne peuvent dorénavant pas comporter de composants de types "cancérigène, mutagène ou reprotoxique", et les fabricants ont l'obligation d'indiquer toute leur composition. Et, très important pour les tampons qui comportent notamment des phtalates, il ne peut y avoir au maximum que 0,1 % de perturbateurs endocriniens. Une option à laquelle la Commission s'oppose, "sous prétexte que les règles sont un phénomène physiologique normal, sans maladie à la clé". Pour l'eurodéputée, la façon de débloquer la situation est donc purement et simplement de boycotter les tampons hygiéniques jusqu'à ce que leur composition complète soit systématiquement indiquée.