Sur fond d'urgence climatique, la COP23 s’ouvre en Allemagne

La COP23 s’ouvre ce lundi 6 novembre à Bonn, en Allemagne. Après une année particulièrement violente en matière de catastrophes climatiques et le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, tour d’horizon des enjeux de ce rendez-vous crucial pour la planète.

Les Fidji président la vingt-troisième Conférence des parties à Bonn du 6 au 17 novembre 2017. (© UNFCCC/Facebook)

Chefs d’État, activistes, scientifiques… Environ 20 000 participants sont attendus pour la COP23 qui se tient du 6 au 17 novembre à Bonn, en Allemagne. Elle rassemble les représentants de près de 200 pays, dont les États-Unis, qui avaient pourtant annoncé leur retrait de l’accord de Paris sur le climat.

À peine quelques mois après le passage d’Irma – l’ouragan le plus fort jamais mesuré dans l’Atlantique –, les moussons historiques en Asie du Sud ou encore des feux ravageurs en Californie, un nouveau rapport scientifique américain (autorisé par la Maison-Blanche), publié le 3 novembre, enfonce le clou : la période actuelle est la plus chaude de l’histoire de la civilisation moderne, et la situation va empirer si nous ne réduisons pas drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

En parallèle, l’Onu publiait le 1er novembre son rapport annuel sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et critiquait le manque d’ambition des États pour garantir les objectifs de l’accord de Paris, c’est-à-dire œuvrer pour maintenir le réchauffement climatique en deçà du seuil de +2 degrés d’ici 2100. De quoi nourrir les discussions des gouvernements et des acteurs non étatiques lors de cette vingt-troisième Conférence des parties.

Mener "une action forte"

Alors que la position américaine reste floue – Washington a annoncé vouloir sortir de l’accord mais réaffirmé son intention de participer aux débats –, l’enjeu semble de garder le cap, tout en conduisant les États à aller plus loin pour lutter contre leurs émissions de gaz à effet de serre :

"Nous devons préserver le consensus mondial en faveur d’une action forte", contre le réchauffement, dit le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, qui présidera la COP23 cité par l’AFP.

Pour la première fois, une COP sera présidée par un petit État insulaire, et ce n’est pas un hasard puisque les îles du Pacifique sont, avec la hausse du niveau de la mer, en première ligne face au réchauffement climatique et donc très impliquées dans cette lutte.

La première étape serait donc de lancer à Bonn un "dialogue" d’une année autour des actions en cours et à venir. L’autre mission de cette COP23, selon les observateurs, sera de définir des règles concrètes d’application de l’accord de Paris : comment les États rendent compte de leurs actions, quel suivi pour l’aide financière des pays riches aux pays pauvres, etc.

Agir avant 2020

Or si le monde veut rester sous les 2 degrés de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, le pic d’émissions de gaz à effets de serre devra survenir au plus tard en 2020, préviennent les scientifiques.

Pour Andrew Steer, du think tank World Resources Institue basé à Washington, "cette COP est très importante, car les enjeux sont au plus haut : dans les deux ans, nous devrons voir non seulement les États faire ce qu’ils ont promis de faire, mais s’engager à plus encore".

Entre le boom des énergies renouvelables, ou la politique engagée de la Chine contre la pollution industrielle, un tournant semble être à l’œuvre.

"Le tableau est encourageant. Le seul problème est que cela ne va pas assez vite", poursuit Andrew Steer.

Il s’agit donc de conserver le consensus établi lors de la COP21 pour redéfinir dès à présent nos modes de développement de façon plus dynamique, tout en prenant en garde que Donald Trump ne ralentisse pas l’élan général.