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En vacances, Emmanuel Macron porte plainte contre un photographe pour "harcèlement"

Un photojournaliste un peu trop insistant s’est pris une plainte, déposée au nom du président. Un fait rarissime.

Emmanuel Macron en juin 2017 dans les rues du Touquet. (© Chesnot/Getty Images)

Pas content. Alors qu’il coule de doux jours de vacances à Marseille, le président de la République ne supporte pas la présence de journalistes, photographes et autres cameramen devant son lieu de villégiature de haut standing : la villa du préfet de région, située dans le parc Talabot, un espace vert de plusieurs hectares réputé pour ses demeures magnifiques. Et gare à ceux qui auraient le malheur de s’en approcher !

Un photographe a ainsi subi les foudres de "Jupiter" après l’avoir suivi d’un peu trop près, un peu trop souvent. Pour lui, ce sera une plainte pour "harcèlement et tentative d’atteinte à la vie privée", déposée au nom du président. Mais pour quoi au juste ? "De temps en temps, il sort […] et ce photographe journaliste l’a suivi à plusieurs reprises à moto. La sécurité lui a demandé à plusieurs reprises de ne pas le faire, il a continué, parfois à ses risques et périls", explique le service presse de l’Élysée à l’Agence France-Presse.

Le photographe témoigne ainsi auprès de VSD : "On remarque le convoi du président qui sort du parc, là où il passe ses vacances. On le suit pendant un quart d’heure et soudain ses officiers de sécurité nous repèrent. Ils nous arrêtent et procèdent à un contrôle d’identité. Ils appellent les forces de l’ordre qui nous emmènent au commissariat." Première arrestation, première alerte.

Mais il en faut plus que ça pour décourager le photographe. Le lendemain, dimanche 13 août, il revient à la charge pour, après tout, tenter de faire son métier à peu près correctement. S’ensuit alors un clash avec un des officiers de sécurité :

"Il m’envoie aussitôt bouler et me lance : 'Moi, je vous dis pas bonjour. Je ne supporte pas ce que vous faites. J’aime pas votre métier… J’ai rien à vous dire. Y aura pas de photos de toute façon. Maintenant c’est comme ça. Il va falloir vous y habituer. On n’est plus sous les présidences précédentes. Vous allez vite vous en rendre compte…'"

"Guerre avec la presse"

Une communication aux allures de verrouillage qui fait d’autres victimes, à commencer par les cameramen de BFM et TF1 également présents sur place. Eux non plus ne sont pas les bienvenus, selon VSD : "Vous inquiétez pas, répond l’officier, Sibeth [Ndiaye, chargée de communication de l’Élysée, ndlr] a appelé pour demander à leur boss de les faire déguerpir sinon ils n’auront plus leur accréditation…" Menace à peine voilée, qui ne suffit pas à décourager le journaliste. L’officier de sécurité finit alors par appeler la police nationale : "Je vais vous faire coffrer pour quarante-huit heures."

Le photographe ne fera finalement que six heures de garde à vue, au cours desquelles il dit avoir été traité "comme un criminel". Pire, l’officier de police judiciaire lui aurait demandé de lui donner accès au contenu de sa carte mémoire et de son ordinateur. Le photographe témoigne :

"C’est totalement illégal. On peut se douter [de] ce qu’il y a dans les ordinateurs de journalistes. Ils m’ont fait comprendre que si je ne coopérais pas, je devrais attendre demain matin pour pouvoir sortir. C’était de l’intimidation. Le but était clairement de me faire peur. […] C’est à croire que le président entre en guerre avec la presse."

L’AFP rappelle que les dépôts de plaintes au nom d’un président sont rarissimes. En cinq ans de mandat, François Hollande n’en a déposé aucune. Après seulement 100 jours en poste, Emmanuel Macron ouvre son compteur, contre la presse.