Vidéo : un journaliste de Quotidien violemment expulsé d'un déplacement de Marine Le Pen

Alors qu'il suivait Marine Le Pen en visite au Salon des entrepreneurs, le journaliste Paul Larrouturou a été pris à partie par des agents de sécurité.

Alors que la campagne présidentielle bat son plein, la relation entre la presse et certains candidats est de plus en plus tendue. Dernier exemple en date le 1er février, lors de la visite de Marine Le Pen au Salon des entrepreneurs, où le journaliste de Quotidien Paul Larrouturou a été expulsé sans ménagement – c'est un euphémisme – par deux agents de sécurité visiblement ravis de pouvoir faire leur boulot avec zèle.

Avant d'être expulsé de la salle, Paul Larrouturou, au milieu de la meute de ses confrères, tentait d'interroger la dirigeante frontiste, dont l'animosité envers certains organes de presse est de notoriété publique (le Front national n'accorde plus aucune accréditation aux journalistes de Quotidien, ni à ceux de Mediapart), lorsqu'un mouvement de foule a précipité la colère des deux agents de sécurité. Ceux-ci, employés par le palais des Congrès et non par le parti lepéniste, ont alors violemment éjecté le journaliste et son caméraman, qui auraient "agressé les agents de sécurité", sous l'objectifs des caméras, dont celle du Huff Post, présentes autour de Marine Le Pen.

Pensant les esprits calmés après quelques secondes, Paul Larrouturou est alors revenu vers les employés, accréditation en main, pour tenter de rejoindre ses confrères. Le journaliste aura beau invoquer "la liberté de la presse", expliquer qu'il a le droit d'être présent et de poser des questions, rien n'y fera... et une nouvelle altercation éclatera même à la suite de mots proférés par le caméraman à l'encontre d'une autre employée du palais des Congrès. Si rien n'est audible sur les différentes vidéos disponibles, celle-ci semble néanmoins réagir à une provocation. Bref, une embrouille comme des milliers d'autres, sans raison autre qu'une incompréhension, sauf que celle-ci se passe devant des dizaines de caméras.

Contactés par plusieurs rédactions, les différents protagonistes ont tous donné leur version des faits: Paul Larrouturou a indiqué au Huff Post qu'il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé ; la société qui emploie les agents de sécurité a précisé  qu'elle "n'obéit pas aux ordres du service d'ordre de Marine Le Pen", que "ce n'est pas ciblé" et que ce sont "deux fonctionnaires de police" qui ont demandé l'expulsion de l'équipe de Quotidien ; enfin, le Front national a expliqué à Pure Médias"Il n'y a eu aucune consigne. On n'est pas chez nous au Palais."

S'il s'agissait d'un autre parti, l'histoire en serait probablement restée là. Mais il s'agit du Front national, un parti qui refuse d'accréditer certains journalistes, dont les militants utilisent régulièrement des manœuvres d'intimidation à l'égard de la presse et dont les cadres n'hésitent pas, comme Bruno Gollnisch en mai 2015, à frapper des journalistes – ce même Paul Larrouturou, époque Petit Journal, et des journalistes de France 5 – à coups de parapluie. Si, cette fois-ci, le Front national semble ne pas être pour grand-chose dans le zèle excessif des deux agents, le parti récolte ce qu'il sème à force d'attiser les braises de la tension entre sa base et les journalistes français.

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