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Vidéo : l'association Roya citoyenne dénonce des expulsions illégales de migrants mineurs

Jeudi 6 juillet, l’association Roya citoyenne a diffusé une vidéo tournée dans un train allant de l’Italie vers la France le 30 juin dernier. On y voit des mineurs en situation irrégulière se faire renvoyer en Italie sans que la procédure, selon laquelle le droit à demander l’asile en France doit leur être rappelé, ne soit respectée.

Jeudi 6 juillet, l’association Roya citoyenne a publié un enregistrement vidéo, tourné le 30 juin 2017 par des militants œuvrant pour les réfugiés. Parmi les protagonistes à l’initiative de l’opération, on peut reconnaître Cédric Herrou, un agriculteur français devenu une figure du combat pour aider les réfugiés. M. Herrou et les membres de l’association sont montés dans un train à Vintimille, une ville italienne à quelques kilomètres de la frontière française, et ont filmé en caméra cachée des policiers arrêtant des personnes à bord du train.

L’on se doit de préciser que l’interpellation s’est faite, comme le prouve l’enregistrement, dans un respect des personnes et de la procédure, puisqu’elles étaient en situation irrégulière. Du moins au départ, puisque dans la suite de la vidéo, Cédric Herrou fait remarquer que, selon la loi, ces officiers de police auraient dû faire connaître aux personnes concernées leur possibilité de demander l’asile en France et la marche à suivre si elles le souhaitaient. Comme l’association le rappelle, "le droit européen énonce clairement que des informations sur la possibilité de demander une protection internationale doivent être mises à disposition aux points de passage frontaliers". Ce qui ne fut pas du tout le cas puisque ces jeunes ont été emmenés au poste de police et renvoyés dans un train, sans billet, comme le précise Cédric Herrou :

"Ce qu’on voulait prouver absolument au départ, c’était le fait que la police mettait sans titre de transport des personnes en situation irrégulière de Menton jusqu’à Vintimille alors que nous… (on nous demande), on nous demande de payer et qu’il y a des gendarmes qui contrôlent les billets de train pour emmener les demandeurs d’asile de Breil jusqu’à Nice."

"Tout enfant qui est privé de son milieu familial a droit à une protection de l’État sans distinction de nationalité"

L’association s’appuie également sur l’article 20 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui stipule que "tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l’État et ce sans distinction de nationalité ou d’origine". Or, deux jeunes filles apparaissant dans cette vidéo sont âgées respectivement de douze et quinze ans et voyagent seules puisque leur mère les attend en Allemagne, selon une membre de Roya citoyenne. La vidéo rappelle également que la loi est claire et n’est visiblement pas respectée ici :

"Les mineurs contrôlés à l’entrée sur le territoire […] doivent être informés de leurs droits dans une langue qu’ils comprennent, en bénéficiant d’un jour franc (garantie légale visant à suspendre le processus de renvoi) et avoir connaissance des conditions dans lesquelles ils peuvent demander l’asile."

Cédric Herrou poursuit sa critique, expliquant que cette vidéo illustre une situation quotidienne à laquelle il est urgent de remédier :

"On s’est donné rendez-vous ce matin, on a pris le premier train, on est revenus deux heures après avec le train. […] Ce n’est pas un cas isolé, c’est un train parmi tant d’autres. Et cette histoire-là, on pourra la faire tous les jours dans chaque train, et c’est ce qui est grave. […] Le protocole n’est pas respecté, c’est systématique."

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