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Vidéo : quand Marine Le Pen affirme qu'elle aurait pu empêcher les attentats qui ont touché la France

Marine Le Pen explique comment elle s'y serait prise.

Si Marine Le Pen avait été présidente de la République, les attentats du Bataclan, du stade de France et ceux perpétrés par Mohammed Merah n'auraient jamais eu lieu. C'est ce qu'a déclaré la candidate du Front national (FN) à la présidentielle lors de son meeting à Paris le 17 avril dernier.

"Avec moi, il n'y aurait pas eu Mohammed Merah, le tueur de militaires et d'enfants juifs. Avec moi, il n'y aurait pas eu les terroristes migrants du Bataclan et du Stade de France, ils ne seraient tous simplement pas rentrés dans notre pays."

Le lendemain, la candidate du FN, invitée à la matinale de RTL, persiste et signe :

"Avec les mesures que je veux mettre en œuvre messieurs Kouachi et Coulibaly n'auraient pas obtenu la nationalité française parce que lorsqu'ils ont eu 18 ans, ils avaient un casier judiciaire long comme un jour sans pain. Donc ils n'auraient pas obtenu la nationalité et parce qu'ils sont des délinquants, ils auraient été renvoyés de France. Les autres [terroristes] étaient étrangers fichés 'S' or je compte expulser immédiatement l'intégralité des fichés 'S' étrangers pour lien avec le djihadisme."

Soit.

Le problème c'est que Marine Le Pen se trompe... Comme l'explique Libération, la présidente du FN aurait eu du mal à empêcher les frères Kouachi d'avoir la nationalité française, car ces derniers n'avaient pas de casier judiciaire lorsqu'ils avaient 18 ans, contrairement à ce que déclare la candidate frontiste. Marine Le Pen présidente n'aurait donc pas pu les empêcher de rester sur le sol français et de s'y radicaliser.

L'auteur de la tuerie de Nice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, n'était pas quant à lui fiché "S". À ce jour, personne ne sait vraiment comment s'est déroulée sa radicalisation rapide.  Au Zenith de Paris, Marine Le Pen a pourtant déclaré :

"Le tueur de Nice, un délinquant tunisien, tout comme celui de Villejuif, algérien, tous deux fichés 'S', n’auraient pas eu le droit de rester en France."

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel "n’avait jamais fait l’objet de la moindre fiche ni du moindre signalement de radicalisation", expliquait le procureur de Paris François Molins, au lendemain de l'attaque qui a tué 86 personnes sur la promenade des Anglais. Marine Le Pen n'aurait donc pas pu "l'expulser immédiatement" avant qu'il commette son crime.

En ce qui concerne Mohammed Merah, il n'était pas étranger, mais français, comme le rappelait en juillet dernier Le Monde, dans un article sur les profils des djihadistes ayant frappé en France. Enfin, la quasi-totalité des auteurs des attentats de Paris (Bataclan et stade de France) étaient eux aussi français, comme le montre cet article de Ouest-France. Ils ne s'agissait donc pas d'"étrangers fichés 'S'" que Marine Le Pen aurait une nouvelle fois pu "expulser immédiatement", comme elle le préconisait.