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Vidéo : une militante sourde dénonce le manque d’infos sur Irma pour les malentendants

Les grandes chaînes d’info sont obligées de traduire une partie de leur contenu pour les personnes sourdes ou malentendantes. Mais après l’ouragan, la plupart d’entre elles sont toujours dans l’attente d’informations.

Alors qu’Emmanuel Macron s’envole vers Saint-Barthélemy et Saint-Martin pour y constater les dégâts causés par l’ouragan et motiver les troupes, la grogne monte. L’État n’en aurait pas fait assez pour anticiper la catastrophe, les ravitaillements tardent à joindre les coins les plus reculés et… l’information n’est pas accessible aux personnes sourdes.

Élodie est membre de l’association guadeloupéenne Bébian, un autre monde, mais c’est "en [son] nom, en tant que citoyenne" qu’elle s’exprime aujourd’hui. Dans une courte vidéo postée sur Facebook, elle déplore le manque total d’informations dont souffrent les personnes sourdes à la suite de la catastrophe. Seraient-elles moins concernées que leurs concitoyens par "l’horreur de l’ouragan Irma" ?

La Guadeloupe "a eu la chance d’être épargnée", poursuit la militante. Mais elle reste proche voisine des îles ravagées, et ses habitants guettent la moindre information. C’est pourquoi Élodie s’insurge contre les grandes chaînes guadeloupéennes, comme Guadeloupe 1ère (France Télévisions), Canal 10, ETV et Alizés Télévision :

"Les chaînes d’informations guadeloupéennes ne sont pas accessibles ! Il n’y a pas de sous-titrage ! Un peu sur certaines de leurs pages Facebook, mais pas toutes. Rappelons que les sous-titres ne peuvent pas être lus par tous les sourds. Pour certains, la lecture est un vrai problème."

Réseaux classiques vs réseaux informels

Confrontées à l’urgence de la catastrophe, les chaînes d’info semblent donc avoir zappé une loi qui leur impose de rendre accessible aux personnes sourdes ou malentendantes une partie de leurs contenus informatifs. Et ce n’est pas la première fois que cette injonction passe à la trappe, suscitant l’indignation des ONG. Comme le rappelle le Huffington Post, certaines associations s’étaient ainsi introduites dans des meetings au cours de la campagne présidentielle pour protester contre leur mise à l’écart dans certaines émissions, notamment les débats.

Face à la non-considération des grandes chaînes guadeloupéennes, les personnes sourdes et malentendantes s’organisent et mettent en place des réseaux d’informations informels. La militante de Bébian révèle ainsi avoir créé un groupe WhatsApp avec des amis afin de leur communiquer les dernières infos sur Irma et ses tristes conséquences. Et ça marche : "Quand le cyclone arrivait, il y a très vite eu énormément de commentaires."

Mais l’initiative pose plusieurs problèmes. Sa confidentialité, pour commencer : le groupe WhatsApp privé "est tout petit" : "Ceux dont je n’ai pas les contacts ne peuvent pas y accéder. Comment les informer ?" déplore la militante. Mais est-ce vraiment son rôle ? Alors que la désinformation se fait partout sentir et que nombre de fake news tournent sur les réseaux sociaux, un réseau de journalistes professionnels est plus que jamais nécessaire. À eux de rendre leurs informations accessibles à tous.